Bertrand et la présidentielle : "Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt"

Bertrand et la présidentielle : "Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt"
Xavier Bertrand en février 2020 à Paris

, publié le dimanche 20 septembre 2020 à 19h41

Xavier Bertrand a assumé dimanche, sur Europe 1, son ambition d'être candidat à la présidentielle de 2022, lançant des signaux à la droite LR et distribuant les piques à Emmanuel Macron.

Sans jamais déclarer explicitement et solennellement sa candidature, le président des Hauts-de-France a admis, en réponse aux questions des journalistes, qu'il n'entendait pas "se cacher derrière petit doigt".

L'ancien ministre, qui a quitté Les Républicains en 2017, a assuré qu'il n'y retournerait pas, mais que ce parti demeurait sa "famille politique". Il a multiplié les mentions d'élus LR, notamment Rachida Dati, Guillaume Peltier ou Eric Ciotti. Il a également indiqué qu'il verrait prochainement l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui reste une figure tutélaire parmi les Républicains.

Xavier Bertrand s'est campé en candidat "populaire" face à un président sortant "libéral anglo-saxon", qu'il avait déjà jugé dans un entretien au Parisien samedi "pas à l'aise sur les sujets régaliens" de la sécurité et de l'immigration.

Le mandat d'Emmanuel Macron est selon lui "un quinquennat de tumultes, un quinquennat de crises. Les Français veulent de l'apaisement et retrouver cette confiance. Ils veulent simplement se réconcilier".

M. Bertrand a également décrit les élections régionales de mars 2021, lors desquelles il visera sa réélection à la tête des Hauts-de-France, comme son "rendez-vous de la confiance".

"Si je gagne cette élection", a-t-il expliqué, "c'est donc que j'aurai réussi à gagner la confiance de l'électorat populaire".

Le président du MoDem François Bayrou a fait part sur LCI de sa "perplexité". "Xavier Bertrand a été élu à la présidence de sa région des Hauts-de-France avec le soutien de toutes les forces politiques républicaines, contre l'extrême-droite (...) et voilà que six mois avant la prochaine régionale, il déchire ce pacte", a-t-il déclaré.

"Je me demande quelle est cette stratégie qui oublie les engagements pris, qui oublie la région (...) et qui se lance dans une bataille de primaire partisane, il y a là quelque chose de bizarre", a-t-il poursuivi.

"Énième annonce de candidature de Xavier Bertrand", a minimisé sur Twitter Christophe Castaner, le nouveau chef de file des députés LREM, avant de contre-attaquer : "Mêmes approximations, même arrogance... Rien de nouveau sous le soleil : face aux crises, Xavier Bertrand pense à son destin personnel". 

"Les Hauts-de-France méritent un dirigeant à plein temps, pas un candidat perpétuel", conclut M. Castaner, tandis que le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu -qui souhaite être la tête de liste de son parti aux élections régionales face à Xavier Bertrand-, raillait sur France 3 : "Xavier Bertrand est obsédé par la présidentielle, moi par la région".

"Il ne faut pas se tromper d'élection", a lancé pour sa part Stanislas Guerini, délégué général de LREM, fustigeant les velléités qu'aurait la droite de faire des régionales "le premier tour de l'élection présidentielle".

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