Bernard Tapie met à la disposition des "gilets jaunes" des locaux de La Provence

Bernard Tapie met à la disposition des "gilets jaunes" des locaux de La Provence
Bernard Tapie à Liège (Belgique), le 27 septembre 2018.

, publié le vendredi 04 janvier 2019 à 16h00

L'homme d'affaires assure qu'il ne se mêlera "ni de près ni de loin" au mouvement des "gilets jaunes", mais veut les aider à "traduire ce qu'ils incarnent dans des exigences politiques".

Bernard Tapie n'a jamais caché son soutien aux "gilets jaunes". Le 19 décembre dernier, il se disait même prêt, sur l'antenne de France Inter, à ouvrir les portes de La Provence, dont il est actionnaire, pour les accueillir et les aider à se structurer.

Une proposition acceptée par ces derniers, rapporte ce vendredi 4 janvier Le Figaro.



Il a mis à leur disposition la salle des rotatives du quotidien régional à Marseille ainsi que "quelqu'un pour noter ce qu'ils disent et un cadreur du studio pour les filmer". Mais auprès du Figaro, l'homme d'affaires, qui lutte contre un double cancer, assure qu'il leur a "bien entendu précisé" qu'il ne se mêlerait "ni de près ni de loin à leur mouvement". Il veut seulement les aider à "traduire ce qu'ils incarnent dans des exigences politiques".

L'ancien ministre de la Ville, qui estime que les "gilets jaunes" "ont retrouvé ce sens du 'vivre ensemble' français qui a fait notre force", leur a tout de même donné quelques conseils. "Je leur ai dit de ne pas chercher l'unanimité, mais de se mettre d'accord sur les changements qu'ils jugent indispensables". Comme par exemple que chaque parti présente autant de candidats issus de la politique professionnelle que de la société civile.

"Macron n'a plus aucune excuse pour ne pas agir"

Bernard Tapie estime en effet que les "gilets jaunes" doivent contribuer à ce que l'offre électorale devienne "suffisamment large, crédible et audacieuse pour qu'il n'y ait plus que des votes d'adhésion dans ce pays". "On n'est pas tout à fait en démocratie quand plus de 50% des gens ne se déplacent pas pour élire le président et que beaucoup d'autres votent pour exprimer leur ras-le-bol", déplore-t-il.

"La France a décroché socialement et économiquement il y a une vingtaine d'années", estime-t-il encore, mettant en cause les 35 heures, "une immigration mal maîtrisée, percutée par la montée de l'islamisme" ou encore le déclin industriel du pays. Ce qui mérite selon lui de "renverser la table", peut-être grâce à la prochaine force politique des "gilets jaunes". L'ancien dirigeant de l'OM estime cependant qu'ils ont peu de chances de peser dans les urnes aux élections européennes de mai. "Je l'espère pour eux mais ça me paraît court", juge-t-il.

"En tout cas, Emmanuel Macron n'a plus aucune excuse pour ne pas agir, prévient-il. Si le petit cercle qui l'entoure croit que grâce au 'grand débat', dans un mois ou deux, il sera peinard, ils se trompent! La déception engendrera quelque chose d'encore plus fort, plus violent et plus douloureux que les 'gilets jaunes'".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.