Benalla: la motion des gauches également rejetée à l'Assemblée

Benalla: la motion des gauches également rejetée à l'Assemblée
Les députés et le Premier ministre, réunis à l'Assemblée lors des débats précédant le vote des motions de censure, le 31 juillet 2018, à Paris.

Orange avec AFP, publié le mardi 31 juillet 2018 à 21h05

Après dix jours de tensions autour d'Alexandre Benalla, l'ancien chargé de mission d'Emmanuel Macron, l'Assemblée nationale a rejeté mardi la motion de censure du gouvernement, déposée par les trois groupes de gauche, juste après celle de LR.

Sans surpise, la seconde motion de censure, qui avait surtout une portée symbolique a été rejetée. Seuls 74 députés, socialistes, communistes, Insoumis, plus 10 non inscrits, dont les élus RN ou encore Delphine Batho, mais aussi deux LR, Eric Diard et Arnaud Viala, y ont apporté leurs suffrages.



Le groupe LR avait décidé de ne pas la voter. "Comme le PS ne vote pas la nôtre et que c'est la moitié des députés de gauche, on va faire chacun chez soi", avait justifié par avance son président Christian Jacob, Damien Abad, l'un des vice-présidents plaidant pour "éviter des alliances de circonstance des oppositions".



Orateur sur la motion commune des gauches, le président du groupe communiste André Chassaigne a affirmé en début d'après-midi que l'affaire "Macron-Benalla" avait "ouvert une plaie qui ne se refermera pas", appelant la majorité à "ouvrir les yeux" et "censurer le gouvernement".

Les forces de gauche, "ensemble", ont "estimé que l'exécutif avait menti pour se protéger", et ont "cherché la vérité, mais vous avez refusé de vous expliquer", a-t-il défendu.

UNE ALERTE

Elles ciblent aussi un "président dont le projet constitutionnel présente des similitudes troublantes avec celui de la Constitution du Second Empire de Napoléon III", selon l'explication de vote de Sébastien Jumel (PCF).

"Evidemment" que cette motion "n'a pas pour vocation de faire tomber le gouvernement", c'est "une alerte", a souligné le patron du PS Olivier Faure dans l'hémicycle. Car "ce n'est pas rien un adjoint au chef de cabinet du président de la République qui frappe un opposant politique, pas rien que vous ayez cherché à ce que cela échappe à la justice, pas rien que la contre-offensive organisée depuis l'Elysée avec des vidéos dérobées à la préfecture de police", a-t-il plaidé.

Et "l'essentiel est ce que cette histoire nous dit d'un pouvoir qui se pense tout puissant", selon cet élu socialiste.

Pour Jean-Luc Mélenchon, le leader des Insoumis, "Benalla n'est pas la cause du problème, c'est le symptôme". Evoquant la formule d'Emmanuel Macron devant la majorité et le gouvernement, "Qu'ils viennent me chercher", l'ancien candidat à la présidentielle a aussi tonné: "Quelle est cette bravacherie? Qui est censé venir le chercher? Nous y sommes prêts".

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