Belloubet: les autorités peuvent "suivre" tous les détenus radicalisés sortant de prison

Belloubet: les autorités peuvent "suivre" tous les détenus radicalisés sortant de prison
Nicole Belloubet lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 23 mai 2018

AFP, publié le mercredi 30 mai 2018 à 16h17

La ministre de la Justice a affirmé mercredi que les autorités françaises "étaient en mesure de suivre de manière extrêmement étroite" les personnes condamnées pour terrorisme après leur sortie de prison, alors qu'une quarantaine de détenus radicalisés islamistes vont recouvrer la liberté d'ici 2020.

"Autant on ne peut maintenir en prison quelqu'un qui a terminé sa peine, autant nous sommes en mesure de le suivre de manière extrêmement étroite pour que, dès lors qu'il y a le moindre écart, il puisse à nouveau être judiciarisé", a déclaré Nicole Belloubet sur France Info.

Le procureur de Paris, François Molins, a indiqué lundi qu'une vingtaine de détenus radicalisés allaient être libérés en 2018 et une vingtaine en 2019. "On court un risque majeur qui est celui de voir sortir de prison à l'issue de leur peine des gens qui ne seront pas du tout repentis, qui risquent même d'être encore plus endurcis compte tenu de leur séjour en prison", a-t-il affirmé sur BFMTV.

Actuellement, plus de 1.200 personnes écrouées pour des faits de droit commun sont radicalisées tandis que plus de 500 sont en prison pour terrorisme.

"Une personne qui a effectué sa peine, une fois qu'elle l'a terminée, il est contraire aux règles de l'état de droit de la maintenir en prison", a souligné la garde des Sceaux.

"Mais, a-t-elle ajouté, lorsque nous avons un détenu terroriste qui doit sortir de prison, d'abord sa sortie, 18 mois en amont, est préparée, suivie par un juge antiterroriste".

"Le service de renseignements pénitentiaires, qui fait l'objet d'une montée en puissance importante, suit ces personnes, prépare ces sorties en remplissant des fiches extrêmement précises, qui sont au moment de la sortie communiquées aux autres services de renseignement".

"Lorsque cette personne est à l'extérieur, elle est prise en charge. Elle peut faire l'objet de contrôle psycho-social (...) et les services de renseignement intérieur ne la lâchent pas", a encore insisté Mme Belloubet, jugeant par ailleurs l'arsenal législatif actuel "extrêmement développé". "Je ne suis pas certaine qu'il faille le compléter à nouveau, à chaque fois qu'il y a un attentat", a-t-elle ajouté.

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