Beauvau de la sécurité : Jean Castex veut plus de terrain et moins de lourdeur de procédures

Beauvau de la sécurité : Jean Castex veut plus de terrain et moins de lourdeur de procédures
Jean Castex à Paris, le 1er février 2021.

, publié le lundi 01 février 2021 à 12h47

La "lourdeur de la procédure pénale" et la "multiplication des tâches indues" sont dénoncées depuis des années par les syndicats de policiers, qui s'insurgent également contre le laxisme supposé de la justice.

Il faut que le "Beauvau de la sécurité" permettre "d'avoir le plus de policiers et de gendarmes" sur le terrain, a déclaré lundi 1er février Jean Castex, lors du lancement officiel de cette concertation nationale inédite sur la police.

Les forces de l'ordre doivent être "au plus près du terrain et des populations, les moins engluées que possible dans des procédures lourdes ou inadaptées", a ajouté le Premier ministre lors d'un discours prononcé au ministère de l'Intérieur devant les syndicats de policiers et les représentants de la gendarmerie. "Il nous faut valoriser, dans tous les sens du terme, la présence sur la voie publique, la priorité donnée à l'action de terrain et du quotidien", a-t-il ajouté, aux côtés du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et de la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa.


La "lourdeur de la procédure pénale" et la "multiplication des tâches indues" sont dénoncées depuis des années par les syndicats.

Ces derniers, qui accusent régulièrement la justice de laxisme, ont obtenu que soit ajoutée aux débats la question des relations entre la police et l'autorité judiciaire. Jean Castex a vanté l'augmentation de 8% du budget 2021 du ministère de la Justice en jugeant qu'elle permettra de "donner à la réponse pénale toute sa portée" et d'"améliorer significativement la qualité et la rapidité de la chaîne pénale".

Le chef du gouvernement a aussi insisté sur le "travail particulièrement difficile" des policiers et gendarmes en rappelant le "chiffre énorme et inacceptable" de 8.700 blessés au cours de leurs missions en 2020.


Alors que la police est secouée depuis plusieurs mois par des accusations de violences et de racisme, le Premier ministre a souligné que le gouvernement ne saurait "tolérer que des pratiques inadmissibles puissent venir entacher l'exercice" des forces de l'ordre. Ce "sujet complexe" doit être abordé "en toute lucidité et sans arrière-pensée" et "ne mérite ni raccourcis, ni généralisations hâtives, ni déni", a-t-il ajouté.

Le "Beauvau de la Sécurité" doit réunir tous les quinze jours jusqu'en mai élus, syndicats de police, représentants de la gendarmerie, experts et "personnalités qualifiées" autour de huit tables rondes thématiques. Les conclusions de ces échanges doivent servir de base à la future loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) prévue en 2022.

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