Bayrou répond aux "attaques" et "insultes" de Sarkozy

Bayrou répond aux "attaques" et "insultes" de Sarkozy
Le président du MoDem, François Bayrou, le 25 septembre 2016 à Guidel (Morbihan).

, publié le samedi 29 octobre 2016 à 15h52

François Bayrou a répondu aux "attaques" et aux "insultes" de Nicolas Sarkozy ce samedi 29 octobre sur sa page Facebook, accusant l'ancien chef de l'État de l'avoir traité - selon des propos rapportés par "une journaliste" - de "saloperie" jeudi soir à Marseille. "En démocratie, il n'est pas besoin de se haïr pour se combattre", a-t-il répondu, expliquant ne pas regretter son vote de 2012 car il n'a rien "oublié des raisons qui l'ont convaincu à l'époque".

"Comment quelqu'un qui a été président de la République et qui aspire à le redevenir peut-il se comporter de la sorte ?", questionne François Bayrou.

"Comment peut-il arriver à cette violence de chaque minute, lâchant des insultes avec un mépris affiché, crachant sur ceux qui ne votent pas pour lui, n'hésitant pas à leur enjoindre sans crainte du ridicule de 'se taire' (...) C'est de la démocratie d'abord qu'il est question dans cet affontement. Pour Nicolas Sarkozy, visiblement, la fin justifie toujours les moyens". Et d'ajouter : "Pour lui, le pouvoir est une domination, et la conquête des électeurs se paie par l'hystérie... C'est exactement le contraire de ce que je pense et d'ailleurs aussi le contraire de la ligne qu'il affichait dans les discours qu'on lui faisait lire en 2007".

"SARKOZY SEUL RESPONSABLE DE SA DÉFAITE"

François Bayrou avait voté pour François Hollande en mai 2012 et il soutient désormais Alain Juppé, donné gagnant de la primaire de la droite et du centre devant Nicolas Sarkozy. "La ligne stratégique de Nicolas Sarkozy a constamment été, pour gagner des voix, pour mobiliser des foules d'électeurs autour de lui, de faire flamber la division de son pays. Au service de ce choix, il a fait feu de tout bois : les partis, la gauche, la droite, la nationalité, l'origine, la religion, le vêtement, la nourriture, l'Islam toujours", critique également François Bayrou sur le réseau social. "Faire de la division du pays le principe de l'action présidentielle, c'est manquer à sa mission première qui est d'assurer la concorde civile, de rassembler les force et de les ordonner pour faire face aux tempêtes".



Le centriste est, depuis plusieurs semaines, la cible des adversaires d'Alain Juppé à la primaire de la droite. Lundi dernier, il avait déjà contre-attaqué en accusant Nicolas Sarkozy d'être le seul responsable de sa défaite. "Responsable de l'entrée de François Hollande à l'Élysée, il n'y en a qu'un, il s'appelle Nicolas Sarkozy", avait lancé le fondateur du MoDem. "C'est Nicolas Sarkozy, par sa pratique, par sa manière d'être, par ses attitudes et par ses gestes, qui a convaincu quelque chose comme 3 millions de Français - qui n'étaient pas de gauche - d'empêcher qu'il soit renouvelé dans son mandat. De ces trois millions de Français, j'étais", a-t-il poursuivi sur BFMTV et RMC.


"L'exercice des cinq années de mandat et la conduite de la campagne de 2012 m'ont convaincu, comme ces millions de compatriotes, qu'une réélection du président sortant ouvrirait la porte à des dérives encore accentuées et que nous ne voulions pas voir", a ajouté l'ancien candidat à la présidentielle dans son post Facebook. "Et ce n'est pas parce que le quinquennat suivant a été porteur de tant de faiblesse et de tant d'errances que cela efface les raison de notre choix. Nous n'avons rien oublié de la gravité des raisons qui nous ont convaincus à l'époque : les atteintes graves et répétées aux principes de notre vie en commun, les abus de pouvoir et l'orientation de la campagne entièrement conduite pour opposer les Français entre eux (...) Elles faisaient craindre pour l'intégrité de notre pays, pour l'image de nos institutions, pour notre démocratie. Elles étaient fondées : qui sait où nous en serions arrivés si une réélection-surprise avait livré le pays à l'ivresse d'un succès construit sur tant de dérives ?"

LES FRANÇAIS S'APPRÊTENT À LUI DIRE NON "UNE DEUXIÈME FOIS"

Dans sa lettre, François Bayrou accuse également l'ancien président des Républicains de "mépriser le peuple", auprès duquel "il n'a jamais vécu". Pour lui, "les Français ont tout saisi sans avoir besoin d'explications complémentaire. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas assez violent, assez clivant, assez injurieux que Nicolas Sarkozy décroche, c'est précisément parce que tout le monde voit toute la faiblesse que révèle un tel comportement. Et c'est pour cette raison que les Français, de droite, du centre et d'ailleurs (...) s'apprêtent à lui dire non. Une deuxième fois".

De son côté, Alain Juppé a vivement réagi mardi aux attaques dont fait l'objet son soutien, appelant ses adversaires à en terminer avec "cette espèce d'obsession anti-Bayrou". "Je n'ai pas approuvé le choix de François Bayrou en 2012. Ce n'était pas mon choix. J'ai voté Nicolas Sarkozy et je ne le regrette pas. Aujourd'hui (François Bayrou) est clairement en faveur de l'alternance, on ne va pas continuer à excommunier les uns et les autres", a-t-il déclaré sur France Inter. "Je dérange beaucoup finalement, parce que j'ai des positions assez équilibrées et assez efficaces", a estimé le maire de Bordeaux. "Pourquoi a-t-on créé l'UMP --et j'ai été son président fondateur-- ? Pour rassembler les Gaullistes, les libéraux et les centristes. Et ça a marché. Malheureusement ça a explosé en vol en 2012, hélas, à cause de la dérive trop droitière de la campagne de 2012", a-t-il ajouté. François Bayrou n'a jamais adhéré à l'UMP, qu'il a refusé d'intégrer en 2002.

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