Avenir du RN, brouille avec sa fille : Jean-Marie Le Pen se confie

Avenir du RN, brouille avec sa fille : Jean-Marie Le Pen se confie
Jean-Marie Le Pen, le 23 novembre 2017, à Luxembourg

Orange avec AFP, publié le mercredi 18 juillet 2018 à 08h20

Le co-fondateur du Front national, aujourd'hui en retrait de la scène publique, évoque dans Le Figaro le psychodrame familial qui l'a opposé à Marine Le Pen, ainsi que l'avenir du parti dont il a été exclu en 2015.

"Tant qu'il lui restera un souffle, il dira ce qu'il pense et continuera d'être un esprit libre. Mais l'aspect politicien, c'est du passé".

Carl Lang, ancien numéro 2 du FN, résume bien la vie d'aujourd'hui du "Menhir", désormais plus "témoin historique" qu'acteur politique, selon Le Figaro qui consacre une pleine page à ses confidences dans son édition du 18 juillet 2018. "Jean-Marie a désormais le droit d'exister à la place de Le Pen, j'en suis ravie", se félicite quant à elle sa fille Marine, débarrassée depuis son exclusion du parti en 2015 du poids du patriarche sur la marche de son parti.

"Je connais bien Jean-Marie, et je trouve que c'est un homme extrêmement attachant", ajoute la présidente du RN, qui est apparue à côté de son père, dans une opération de réconciliation familiale le 30 juin 2018, à laquelle a également pris part la fille aînée des Le Pen, Marie-Caroline, brouillée avec son père depuis 1998. "C'est une chose que j'aurais dû faire il y a bien des années. Peut-être une forme de paresse intellectuelle m'en a dissuadé", reconnait Jean-Marie Le Pen.

La perspective d'une prise de pouvoir "ne s'est pas rapprochée"

Pas de quoi cependant trouver grâce et immunité aux yeux de l'ancien candidat à la présidentielle (cinq campagnes, entre 1974 et 2007), qui dresse un constat mitigé à l'égard de l'évolution du parti qu'il a créé (et qui a depuis changé de nom) : "Il y a un moment donné où j'ai pensé que le Front national pourrait jouer un rôle capital et prendre le pouvoir. Je savais l'opération difficile, probablement de dernier recours. Mais cette perspective ne s'est pas rapprochée", se lamente t-il, avant de se lancer dans des prédictions peu empreintes d'optimisme : "Je ne sais pas s'il reste une chance à notre civilisation. Mais s'il en reste une, il faut que ceux qui en sont partisans, si éloignés soient-ils les uns des autres, se rassemblent et se préparent à l'adversité. Car elle arrive".


S'il reste désormais à l'écart des débats publics, Jean-Marie Le Pen campe sur ses positions de toujours. "La déferlante démographique et les migrations qui en découlent sont aussi prévisibles que catastrophiques", estime t-il, ajoutant avoir voulu, tout au long de sa carrière, jouer son "rôle de lanceur d'alerte", sans s'exposer médiatiquement. "Je ne veux ni dorer la pilule aux gens, ni leur tenir la main à la veille de l'agonie. Ce qui m'incline à la discrétion." lâche t-il.

Quand à son âge, il ne le voit pas comme une barrière, admettant même qu'il accepterait "la place du vieux sage". "Je n'ai que 90 ans, mais [...] quand on aime, on a toujours 20 ans". "Je n'ai d'ailleurs jamais pensé à mon âge jusqu'à mes 90 ans. Je ne me sens pas différent sur le plan de la pensée, de la connaissance, peut-être même de la capacité d'expression, que les années précédentes".

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