Augmentation du budget de l'Élysée : la présidence recadrée par le Sénat

Augmentation du budget de l'Élysée : la présidence recadrée par le Sénat
Le Palais de l'Élysée, le 13 mars 2019.

, publié le vendredi 29 novembre 2019 à 15h35

Les dépenses de l'Élysée devraient augmenter de 3,5% en 2020, regrette le Sénat. "Les Assemblées ont réalisé un effort important de maîtrise de leurs dépenses (..) il eût été heureux que l'Élysée adopte la même rigueur et la même sagesse", a souligné une élue LR.

Le budget de l'Élysée va de nouveau augmenter en 2020.

La dotation allouée à la présidence de la République passe de 103 millions d'euros à 105,3 millions, soit une augmentation de 2,25%. La hausse a été votée dans la soirée du jeudi 28 novembre par le Sénat, qui a appelé la présidence à la "modération". Cette augmentation s'explique en partie par la prise en charge des dépenses des policiers et des gendarmes affectés à l'Élysée, jusqu'à présent rattachées à l'Intérieur, qui s'élèvent à 1,7 millions d'euros, ainsi que l'a souligné le ministre chargé des Relations avec le Parlement Marc Fesneau. 



Mais la dotation votée par le Parlement ne couvrira pas l'intégralité des dépenses de l'Élysée, d'après les estimations de Jean-Pierre Sueur (PS), le rapporteur pour avis de la commission des Lois. Selon l'élu, les dépenses de l'Élysée "devraient de nouveau augmenter en 2020, passant de 106,8 millions d'euros à 110,5 millions", soit une hausse de 3,5%. Cela se traduira par "une nouvelle ponction de 4 millions d'euros" sur les réserves de la présidence (17,1 millions fin 2018), "réserves constituées par François Hollande", a rappelé Christine Lavarde (LR). L'élue a déploré "un épuisement programmé" de ces réserves "à tel point qu'en 2021 elles n'existeront plus". 

"La crise des "gilets jaunes", une sorte de cri lancé par la France d'en bas, auraient pu conduire à un peu de modération", a poursuivi Mme Lavarde. "Les Assemblées ont réalisé un effort important de maîtrise de leurs dépenses", a-t-elle souligné, estimant qu'"il eût été heureux que l'Élysée adopte la même rigueur et la même sagesse, la même transparence et la même modération".

Les dotations aux assemblées parlementaires "sont stables depuis 2012 - 518 millions d'euros pour l'Assemblée nationale, 323 millions d'euros pour le Sénat", a précisé le rapporteur spécial Jérôme Bascher (LR). "C'est dire que les assemblées font l'effort que les contribuables réclament". "L'Assemblée nationale coûte 8 euros par personne et par an, et le Sénat moins de 5 euros (...), ça permet aux tenants de la suppression du Sénat de savoir que ça coûte la moitié d'un paquet de cigarettes", a renchéri Nathalie Goulet (centriste).

Jean-Marc Gabouty (RDSE à majorité radicale) a souligné que "la mise en oeuvre des outils de la démocratie directe a également un coût". Le Conseil constitutionnel reçoit ainsi une dotation spéciale de 785.000 euros pour le suivi du projet de référendum d'initiative partagé sur la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP).

Le rapporteur pour avis de la commission des Lois Jean-Pierre Sueur, qui a également été co-rapporteur de la commission d'enquête Benalla, a dénoncé au passage "un comportement pour le moins peu républicain" des services de l'Élysée qui ont "refusé" de le recevoir en tant que rapporteur pour avis, "alors que cette rencontre avait lieu chaque année sans que cela posât le moindre problème".

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