Attentats : Hervé Morin réclame "l'israélisation" de la sécurité en France

Attentats : Hervé Morin réclame "l'israélisation" de la sécurité en France
Hervé Morin, à Évreux, en décembre 2015

, publié le mercredi 27 juillet 2016 à 13h44

- 24 heures après l'attentat perpétré à l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray et qui a coûté la vie au Père Jacques Hamel, les débats font rage quant à de possibles évolutions de l'arsenal juridique face à la menace terroriste. Pour Hervé Morin, "il n'y a pas de fatalité à cela".

L'ancien ministre de la Défense réclame une révision de la Constitution, afin de permettre notamment les rétentions administratives et adapter les mesures judiciaires face à ceux qu'il considère comme des "traîtres à la nation". -

La série d'attaques commises sur le sol français entraîne de vifs débats dans la classe politique. Hervé Morin voit la période comme un changement d'ère. "On a vécu en paix pendant 50 ans, et nous vivons une période de tourments qui va durer. Voilà pourquoi j'appelle à l'israélisation de notre sécurité", a t-il lancé ce mercredi sur RMC.

"QU'EST-CE QUI NOUS EMPÊCHE DE MODIFIER LA CONSTITUTION ?"

Le président du Conseil régional de Normandie estime que dans "un contexte extrêmement compliqué pour nos forces de sécurité", "on doit prendre des mesures qu'appellent les Français". Parmi elles : la possibilité de rétentions administratives, balayée d'un revers de main par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui estime qu'une telle disposition "serait totalement inefficace" et "anticonstitutionnelle". "Qu'est-ce qui nous empêche de réviser la Constitution ?", lui répond Hervé Morin, qui estime que la démocratie est "mise en danger" par l'absence de mesures. Il réclame ainsi la consultation des responsables de la sécurité dans les pays largement frappés par terrorisme, comme Israël. Il pose également la question d'une modification des conditions d'engagement du feu par les forces de l'ordre.


L'ancien ministre de la Défense veut profiter du mois d'août pour que la "France construise un dispositif d'union nationale", consistant à "bâtir des mesures complémentaires ayant l'accord de tous pour aller au Parlement le plus vite possible." Dans son viseur : les Français "traîtres" qui partent faire le jihad en Syrie et "font la guerre à la France", pour qui il réclame la mise en détention. "Il faut appeler les choses par leur nom", explique t-il. "C'est pas des délinquants de droit commun, ce sont des terroristes !". Pour lui, la solution des bracelets électroniques n'est pas bien adaptée. "C'est très compliqué d'arriver à les suivre", estime t-il.

L'ex-ministre aborde également la question des mosquées dans lesquelles est prêché l'islam radical. "C'est pas les mosquées qu'il faut fermer, c'est l'imam qu'il faut enfermer !", lance t-il. Hervé Morin ne considère pas la fermeture des mosquées comme une solution viable. "Si c'est pour les avoir dans les caves c'est la même chose, c'est même pire !".

Dans la matinée, Bernard Cazeneuve a rappelé que le respect de la Constitution n'est "pas une argutie juridique", en réponse à Nicolas Sarkozy, qui avait critiqué l'action antiterroriste du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur n'a toutefois pas fermé la porte à des "évolutions" dans l'arsenal des autorités ni à la "prise en compte" de "propositions de l'opposition". Il a évoqué la possibilité de renforcer les "moyens" des forces de sécurité, l'amélioration de "la circulation de l'information au sein des structures de renseignement" et la poursuite du "combat européen" sur le contrôle des frontières, la mise en partage des fichiers européens et la lutte contre le trafic d'armes.

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