Attentats du 13-Novembre : Manuel Valls attaque Arte pour diffamation

Attentats du 13-Novembre : Manuel Valls attaque Arte pour diffamation
Manuel Valls, le 30 septembre 2019 à Paris.

publié le jeudi 16 septembre 2021 à 16h47

Dans le documentaire "Les ombres du Bataclan", un ancien policier estime que l'ancien Premier ministre a privilégié la BRI pour intervenir au Bataclan le 13 novembre pour 2015 pour "s'accaparer les bonnes grâces des policiers" en vue de la présidentielle de mai 2017.

Alors que le procès des attentats du 13-Novembre s'est ouvert le 8 septembre dernier,Arte a diffusé le 3 septembre le documentaire "Les ombres du Bataclan", qui revient notamment sur les dysfonctionnements des autorités au cours de cette terrible soirée. Un témoin anonyme, présenté comme "un ancien officier de renseignement", y accuse notamment Manuel Valls, Premier ministre à l'époque, d'avoir privilégié la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) par calcul électoral. "Une mise en cause aussi violente qu'odieuse", estime l'ancien chef du gouvernement, qui annonce jeudi 16 septembre sur Twitter qu'il a décidé de porter plainte pour diffamation contre la chaîne franco-allemande



"Dans le documentaire 'Les ombres du Bataclan', diffusé le 3 septembre, il est affirmé que j'aurais privilégié comme Premier ministre des intérêts électoraux au détriment de l'efficacité des interventions des forces de l'ordre lors de la nuit des attentats du 13 novembre 2015.

Cela revient à m'imputer un cynisme quasi diabolique puisque je n'hésiterais pas à sacrifier des vies humaines sur l'autel d'un tortueux calcul électoral. Ces propos dépassent largement les limites admissibles de la liberté d'expression", a dénoncé sur le réseau social Manuel Valls. 



"Il avait besoin de s'accaparer les bonnes grâces des policiers"

Ce 13 novembre 2015 à Paris, "il y avait non seulement le Raid qui pouvait intervenir mais il y avait aussi le GIGN à la caserne des Célestins, qui finissait un entraînement de lutte anti-terroriste et qui était équipé et en mesure d'intervenir rapidement", explique cet ancien policier dans ce documentaire, réalisé par Francis Gillery avec l'aide de l'ancien député Les Républicains et président de la commission d'enquête Georges Fenech.

"À ce moment-là, nous étions dans un contexte particulier : nous avions Manuel Valls qui, en tant que Premier ministre, visait clairement le poste de président de la République", poursuit cet homme. "Il avait besoin de s'accaparer les bonnes grâces des policiers, ce qui n'était pas gagné. ​​​​​Il fallait qu'il mette en avant des policiers sur une intervention, quitte à ne pas faire intervenir certains et à en privilégier d'autres, comme par exemple la BRI", poursuit-il, insistant sur les "très bonnes relations" du Premier ministre de l'époque avec le chef de la BRI.

"Selon cette personne, j'aurais privilégié l'intervention de la BRI le soir du 13 novembre car je serais, selon elle, proche de leur patron. Je lui aurais fait cette faveur pour qu'il m'aide ensuite pour la présidentielle. C'est absurde, et grave de dire que j'aurais favorisé la BRI pour des raisons électorales. J'aurais eu un esprit diabolique à avoir des intérêts en fonction de qui intervenait", s'insurge une nouvelle fois Manuel Valls auprès du Figaro.

Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur à l'époque, avait déjà dénoncé le 7 septembre sur Europe 1 les accusations contre l'ancien locataire de Matignon. "C'est abject de dire des choses comme ça. Les laisser dire et diffuser ne peut pas produire d'autres effets qu'une forme de nausée", avait-il estimé. 

"Chacun sait l'engagement total de Manuel Valls comme ministre de l'Intérieur puis comme Premier ministre durant cette période dramatique. Il a évidemment tout mon soutien", a tweeté jeudi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 

 



L'ex-Premier ministre socialiste a également reçu le soutien de Christophe Castaner.

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