Attaques de policiers : "La police ne peut pas ne pas riposter", estime Frédéric Péchenard

Attaques de policiers : "La police ne peut pas ne pas riposter", estime Frédéric Péchenard
Frédéric Péchenard, le 20 janvier 2016, à Paris.

, publié le lundi 12 octobre 2020 à 11h37

Le vice-président Les Républicains de la région Île-de-France en charge de la sécurité et ancien patron de la Police nationale, demande la réouverture du débat sur la légitime défense des policiers après les attaques de Herblay et de Champigny-sur-Marne.

L'attaque d'un commissariat de Champigny-sur-Marne samedi soir par une quarantaine de personnes aux tirs de mortiers d'artifice, n'a pas fait de blessés mais a déclenché un vif émoi chez les policiers, d'autant qu'elle fait suite à l'agression de deux policiers mercredi soir à Herblay (Val-d'Oise). Ces deux attaques ont par ailleurs déclenché les foudres de l'opposition de droite, qui appelle à la fermeté.




"On a dans notre pays, c'est très préoccupant, une augmentation de la violence de façon générale et cela se traduit par une augmentation de la violence contre les policiers", a notamment déploré sur Franceinfo lundi 12 octobre Frédéric Péchenard.

Le vice-président Les Républicains de la région Île-de-France en charge de la sécurité, a demandé la réouverture du débat sur la légitime défense des policiers. "La police ne peut pas ne pas riposter", a estimé l'ancien patron de la Police nationale. "A aucun moment finalement ces policiers n'ont sorti leurs armes (...) parce qu'ils sont soumis à tout un tas de contraintes juridiques, administratives", a-t-il regretté, en dénonçant deux "fait divers particulièrement graves".

"La rue est tenue par les voyous ou par les policiers"

"Le choix qui a été fait, c'est de ne pas riposter, je pense que ce n'est pas admissible, je pense que le ministre de la Justice, le gouvernement, le ministre de l'Intérieur doivent réfléchir à la possibilité d'utiliser des armes létales ou non létales face à des agressions aussi violentes", a plaidé M. Péchenard.

"La police ne peut pas ne pas riposter, on peut considérer qu'elle est en légitime défense mais il faut y réfléchir forcément avant", a-t-il insisté. Selon lui, "vous pouvez mettre tous les moyens que vous voulez, si derrière il n'y a pas une volonté politique forte, vous n'arriverez à rien". "C'est simple, la rue est tenue par les voyous ou par les policiers. Force doit rester à la loi. La deuxième chose c'est une riposte judiciaire qui est absolument indispensable et qui doit être surtout rapide et ensuite des peines appliquées", a-t-il martelé. 

Le gouvernement sera "intraitable"

Egalement invité de Franceinfo lundi matin, le Premier ministre Jean Castex a assuré que le gouvernement serait "intraitable" face aux auteurs de ces attaques. L'insécurité "c'est le point faible de notre pays, nous devons à tout prix réagir et nous le faisons", a-t-il aussi reconnu.

Il a assuré qu'il "donnerait les moyens nécessaires" aux forces de l'ordre, en rappelant que 10.000 postes de policiers supplémentaires doivent être créés sur le quinquennat d'Emmanuel Macron et que le budget de la justice va augmenter de 8% en 2021 pour "renforcer la réponse pénale".
 

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