Attaque de Rambouillet : "Il faut cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration, estime Valérie Pécresse

Attaque de Rambouillet : "Il faut cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration, estime Valérie Pécresse
La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse le 8 avril 2021.

publié le dimanche 25 avril 2021 à 12h40

Deux jours après l'attaque du commissariat de Rambouillet, la présidente de la région Île-de-France a listé dimanche 25 avril lors du Grand rendez-vous Europe 1/Les Echos/CNews plusieurs propositions pour mieux lutter contre le terrorisme, notamment un meilleur contrôle des frontières.

"On a frappé le visage de la France. La police, c'est la Nation, l'Etat".

Deux jours après l'attaque menée par un Tunisien inconnu des services de renseignement au commissariat de Rambouillet, Valérie Pécresse était dimanche 25 avril l'invitée du Grand rendez-vous Europe 1/Les Echos/CNews. 



"Dans cette guerre, il n'y a pas de risque zéro, pas de réponse à tous les risques", a estimé la présidente de la région Île-de-France, tout en déplorant "une série de failles dans nos dispositifs qui doivent être comblées". "D'abord, il faut cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration, notamment l'immigration la plus récente", a assuré l'ex-membre des Républicains.

Elle a cité le cas du meurtrier présumé de vendredi, abattu par la police : un ressortissant tunisien de 36 ans, arrivé clandestinement en France en 2009 et régularisé 10 ans plus tard. "Sous François Hollande, le fait d'être en situation irrégulière sur notre territoire a cessé d'être un délit, il faut que ça le redevienne", que l'on puisse "prononcer sur cette base des ordonnances d'expulsion immédiate",  a-t-elle ajouté. "C'est très déstabilisant (pour les policiers) de se dire qu'ils ont en face d'eux quelqu'un qui enfreint les lois" sans pouvoir intervenir, a-t-elle déploré. 

"Il faut reprendre le contrôle des flux migratoires"

Plus globalement, "il faut reprendre le contrôle des flux migratoires", afin "de choisir ceux qu'on accueille chez soi, sinon on a des gens qui arrivent sans aimer la France", a-t-elle lancé. Selon elle, "la directive européenne sur les retours doit être complètement revue, parce qu'aujourd'hui on ne peut qu'inviter une personne (à quitter le territoire), il a un mois pour se mettre en conformité".

"La France a une voix à faire entendre, nous devons organiser un asile à la frontière : tous les migrants demandant l'asile, on doit pouvoir examiner leur demande d'asile et les renvoyer" s'ils ne correspondent pas aux critères, a poursuivie l'élue. Et quand les pays d'origine refusent d'accepter les retours en ne reconnaissant par leurs ressortissants, "il faut cesser l'aide au développement, les visas aux officiels de ce pays", une "arme de dissuasion", selon elle.

Le Conseil des ministres a décidé mercredi la création d'un poste de préfet délégué à l'immigration auprès du préfet de police de Paris, dont la mission consistera à coordonner la gestion des flux migratoires, particulièrement importants, en Île-de-France. La région concentre, selon la préfecture de police de Paris, "50% des demandes d'asile nationales, 40% de l'activité nationale de primo-délivrance de titres de séjour, 30% de l'activité nationale de lutte contre l'immigration irrégulière".

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