Assurance chômage : grosse colère à gauche

Assurance chômage : grosse colère à gauche
Eric Coquerel, député LFI, à l'Assemblée nationale le 7 mai 2019.

Orange avec AFP-Servuces, publié le mardi 18 juin 2019 à 16h49

Les députés de gauche ont vertement critiqué les mesures de réforme de l'assurance chômage. Ils y voient de petites économies faites "sur le dos des chômeurs".

"Petit comptable", "droits rabougris", "un mauvais coup"... Les députés PS, PCF et LFI ont critiqué, mardi 18 juin, à l'unisson les mesures réformant l'assurance chômage dévoilées par le gouvernement.

La vaste réforme vise à obtenir jusque 250.000 demandeurs d'emploi en moins et 3,4 milliards d'euros d'économies d'ici 2021 par un durcissement des règles d'indemnisation, une incitation pour les entreprises à moins recourir aux contrats courts et un accompagnement renforcé des chômeurs. 

"Économies sur le dos des chômeurs"

Mettant en avant la "colère" des partenaires sociaux, le porte-parole des députés PS Boris Vallaud a critiqué une réforme qui pour la première fois "depuis plus de 40 ans" se fera sans eux, y voyant "une mauvaise manière faite à la démocratie sociale", alors que l'acte II du quinquennat devait se traduire par un changement de méthode. 

Il a dénoncé lors d'un point presse une logique de "petit comptable" pour faire des économies "sur le dos des chômeurs", sans droits nouveaux et avec pour "principales victimes" du durcissement du droit à l'indemnisation les jeunes et les travailleurs les plus précaires. 

Déplorant lui aussi l'absence d'accord avec les partenaires sociaux, Sébastien Jumel, porte-parole des députés PCF, a dénoncé une réforme avec laquelle "on rabougrit, on rétrécit le droit d'accès à l'indemnisation" avec pour "seul objectif" de faire des économies "sur le dos des chômeurs".

Dégressivité appliquée aux cadres "une boîte de Pandore ouverte"

Avec "la dégressivité appliquée aux cadres" (une indemnisation réduite à partir du septième mois pour les demandeurs d'emploi qui gagnaient plus de 4.500 euros brut par mois), l'élu a aussi évoqué "une boîte de Pandore ouverte", vers "une remise en cause d'un des fondamentaux du système assurantiel français: c'est-à-dire que l'on touche (à la hauteur de) ce à quoi on a contribué".

Pour l'Insoumis Eric Coquerel, la "nouvelle méthode" annoncée par l'exécutif pour l'acte II du quinquennat, "c'est de faire payer le chômage aux chômeurs", "un mauvais coup de plus". "C'est toujours très dur envers les mêmes" et "j'espère que le front syndical va tenir bon, parce que c'est un scandale", a-t-il ajouté, notant notamment que pour les jeunes, les conditions durcies d'entrée dans l'indemnisation, "ça va être terrible".



Pour le groupe UDI et Indépendants, Olivier Becht a jugé pour sa part "incontestable" qu'il faille "remettre le système sur la table". Bertrand Pancher (Libertés et Territoires) a estimé que le bonus-malus sur les contrats courts est une "bonne idée", tout en plaidant en matière d'indemnisation pour ne pas donner "le sentiment de taper en permanence sur les chômeurs".
 

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