Assemblée nationale : le débat sur "le suivi de la crise sanitaire" fait un flop

Assemblée nationale : le débat sur "le suivi de la crise sanitaire" fait un flop
Le ministre de la Santé Olivier Véran à l'Assemblée nationale le 23 mars 2021.

publié le jeudi 25 mars 2021 à 13h37

Seuls une vingtaine de députés étaient présents mercredi après-midi sur les bancs de l'Hémicycle pour échanger avec le ministre de la Santé "sur le suivi de la crise sanitaire", et notamment sur la campagne de vaccination et l'instauration d'un passeport sanitaire. 

En pleine troisième vague de Covid-19 et alors que trois nouveaux départements pourraient rejoindre les 16 déjà soumis depuis le week-end dernier à de nouvelles "mesures de freinages renforcées", Olivier Véran était mercredi 24 mars à l'Assemblée nationale pour soutenir la stratégie du gouvernement. "Nous sommes à un tournant de notre combat contre l'épidémie.

Un tournant, car nous savons que les prochaines semaines vont être très difficiles", a affirmé le ministre de la Santé. "L'espoir ensuite est permis. A court terme, cette campagne vaccinale changera la donne", a-t-il assuré.




Il a réaffirmé la position du gouvernement, en expliquant notamment qu'il n'y aura pas de remise en cause de la vaccination par tranche d'âges, ou que la question de la création d'un passeport sanitaire devait être d'abord tranchée au niveau européen. Au niveau national, Olivier Véran a espéré pouvoir se passer d'un "pass sanitaire" pour la réouverture des bars, restaurants ou encore théâtres et salles de sport. "Le temps que ce débat-là soit monté, un, on aura une couverture vaccinale déjà satisfaisante, deux, je pense qu'on sera sorti de la vague, et probablement en capacité de rouvrir un certain nombre de lieux", a-t-il estimé. 

Une vingtaine de députés seulement

Planifiée depuis plusieurs semaines et censée donner lieu à une sorte de bilan sur la gestion de la crise sanitaire qui dure depuis plus d'un an. Les oppositions de droite et de gauche ont notamment dénoncé à l'unisson un défaut de "transparence" du gouvernement et mis en exergue des annonces "contradictoires", en particulier sur le vaccin AstraZeneca et les attestations de déplacement. Mais "dans les faits, l'agacement d'Olivier Véran et le désintérêt, voire la déception palpable des rares députés présents, ont éclipsé toute tentative de dialogue", souligne Le Monde. 

Seuls une vingtaine d'élus étaient en effet présents. Leur nombre s'est drastiquement réduit après la passe d'armes entre le ministre et la députée Les Républicains Laurence Trastour-Isnart. "Les Français ont le sentiment qu'un gouvernement d'amateurs bricole des mesures à la petite semaine", a critiqué l'élue des Alpes-Maritimes. "Madame la députée, les Français en ont marre (...). Je croirais volontiers aussi que nos concitoyens sont las d'entendre ce genre d'interpellations", lui a répliqué M. Véran, provoquant ainsi le départ de cinq députés LR en signe de désapprobation, rapporte Le Monde. 

"Ce que nous faisons là n'est pas, de mon point de vue, un débat", a de son côté dénoncé l'Insoumis Alexis Corbière, fustigeant "un jeu de questions-réponses dépourvu de sens". "Moi je viens à chaque convocation, je passe trois heures sur ce débat avec vous et, sans manquer de respect évidemment au Parlement et chacun sait que les parlementaires ont beaucoup de missions, il y en douze là aujourd'hui", lui a répondu Olivier Véran. 


"Peut-être que le caractère inopérant de ce débat est lié au fait qu'un Conseil de défense s'est tenu il y a quelques minutes et que nous ne savons pas ce qui s'y est dit, et que l'on réunit l'Assemblée aujourd'hui pour parler de la crise sanitaire alors que les décisions ont été annoncées par le président de la République il y a deux jours", a de son côté estimé le député PCF Sébastien Jumel. 



"Les orateurs sont prévus d'avance, donc la présence physique dans l'hémicycle ne traduit pas forcément l'intérêt de collègues qui peuvent très bien suivre les débats sans pouvoir intervenir", a de son côté précisé le président de séance Sylvain Waserman. 

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