Assemblée nationale : le blues des élus écolos

Assemblée nationale : le blues des élus écolos
La plupart des Verts et des écolos ont dû choisir la bannière LREM pour attirer les suffrages des électeurs et être élu à l'Assemblée nationale.
A lire aussi

leparisien.fr, publié le jeudi 17 mai 2018 à 08h32

Les députés écologistes ont eu du mal à trouver leur place à l'Hémicycle. Le groupe est plus divisé que jamais.

On le savait régulièrement saisi par le doute, Nicolas Hulot l'a, en quelque sorte, confirmé. Si les états d'âme du numéro 2 du gouvernement et « prise » iconique de l'écologie par Emmanuel Macron ne provoquent pas de lame de fond politique, ils désorientent, néanmoins, un peu plus les députés écologistes déjà pulvérisés par la vague macronienne à l'Assemblée nationale en juin dernier.

Si l'un des leurs, François de Rugy, a conquis l'une des marches du podium de la République en se faisant élire au Perchoir - la présidence de l'Assemblée nationale - la plupart des Verts et des écolos ont dû, comme lui, choisir la bannière LREM pour attirer les suffrages des électeurs. Et encore, une poignée seulement - six ou sept - a réussi ce qui relevait du défi après la déroute de leur parti qui, pour la première fois depuis des années, n'avait pu présenter un(e) candidat(e) à la présidentielle.

Depuis, beaucoup ont eu du mal à trouver leur place dans cette majorité tout acquise au chef de l'Etat. Il est vrai que les sujets de désillusions, voire de défiance, n'ont pas manqué depuis l'entrée d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Report de l'objectif de réduire à 50 % la part du nucléaire dans l'électricité de 2025 à 2030-2035, interdiction d'utiliser le glyphosate d'ici à trois ans mais, avait admis le ministre Hulot, sauf « exceptions car tous les agriculteurs ne seront pas prêts »...

Pas de « pôle » écologiste

Des compromis pour certains écolos, de vraies couleuvres pour d'autres. « Les trajectoires sur le nucléaire ou sur la transition écologique sont les bonnes », se rassure Éric Alauzet, ex-élu écolo, député LREM du Doubs.

Pour d'autres, en revanche, la pilule est plus difficile à avaler. Paul Molac (Morbihan) ou François-Michel Lambert (Bouches-du-Rhône) ont ainsi tenté de créer un « pôle » écologiste à l'Assemblée. Mais en vain. Cette initiative a immédiatement été rejetée par Matthieu Orphelin, le député du Maine-et-Loire et compagnon de route d'Hulot, et par Barbara Pompili, élue de la Somme et ex-secrétaire d'Etat à la biodiversité dans le dernier gouvernement Valls, opposés l'un et l'autre à toute « constitution de ligue dissoute » au sein du groupe La République en marche.

La loi Asile Immigration renforce les tensions

Aujourd'hui, la coupe semble pourtant pleine. Et c'est la loi Asile Immigration qui a exaspéré les consciences. Des élus, comme Molac ou Lambert, cherchent ainsi avec d'autres, radicaux, libéraux ou ex-socialistes, à créer un huitième groupe dans l'hémicycle. Mais de nature extrêmement hétérogène, sa constitution qui aurait dû être décidée mercredi a été reportée à la semaine prochaine... Sans aller jusqu'à quitter les troupes d'En Marche, Matthieu Orphelin a été l'un des premiers à afficher sa colère vis-à-vis d'un texte dans lequel il « ne se reconnaissait pas ».

Et après avoir fait passer plusieurs amendements, le député a préféré s'abstenir lors du vote en première lecture du projet Collomb. L'heure à présent est à l'expectative. « Nous devons réussir et nous pouvons le faire, nous confie Matthieu Orphelin. J'espère que Nicolas Hulot aura cet été toutes les cartes en main pour rester... » Et d'ajouter, à la fois confiant et menaçant : « Ma fidélité à Nicolas Hulot est totale. »

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.