Assemblée nationale : avec Emmanuel Macron, "nous sommes en train de chercher à construire une majorité", assure Elisabeth Borne

Assemblée nationale : avec Emmanuel Macron, "nous sommes en train de chercher à construire une majorité", assure Elisabeth Borne
La Première ministre Elisabeth Borne.

publié le jeudi 23 juin 2022 à 22h04

Dans une interview accordée à LCI ce jeudi 23 juin, la Première ministre Elisabeth Borne s'est dit "confiante" sur la capacité d'obtenir suffisamment de vote pour chaque texte, malgré une majorité relative du parti présidentiel à l'Assemblée nationale.

Au lendemain de l'allocution du président de la République Emmanuel Macron, la Première ministre Elisabeth Borne a accordé une interview à LCI ce jeudi 23 juin. Alors qu'Ensemble! n'est pas parvenu à obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale à l'issue des législatives, la cheffe du gouvernement a affirmé "être dans le dialogue". "Nous sommes en train de chercher avec le président de la République, parmi les forces d'opposition, à construire une ou des majorités", a-t-elle indiqué.



Pour rappel, il manque 37 députés au parti présidentiel pour obtenir la majorité absolue, qui est à 289 élus.

"Je ne sais pas si certains groupes politiques vont nous dire 'je suis prêt à rentrer dans une coalition'. Mais est-ce qu'on pourra trouver des députés pour voter des textes, évidemment, parce qu'on aura intégré leurs propositions, tout ça au service de notre pays. Je suis convaincue que c'est possible", a assuré Elisabeth Borne.

"On a des députés qui sont proches de la majorité, avec lesquels on partage beaucoup de choses", a-t-elle poursuivi, se disant ainsi "confiante" sur leur capacité d'obtenir suffisamment de vote pour chaque texte. "Personne n’a le monopole des bonnes idées, le dialogue, l'écoute permettent d’améliorer les bons projets. Il faut que ce soit une chance pour la France", a-t-elle ajouté.

La Première ministre a également affirmé ne pas avoir peur de l'Hémicycle. "Dans le précédent quinquennat, quand j'ai porté la réforme de la SNCF, je peux vous assurer qu'il y avait déjà des gens qui étaient assez vocaux. La réforme de l'assurance chômage a donné lieu à des expressions assez vocales aussi à l'Assemblée nationale", a rappelé l'ancienne ministre des Transports. "Ca ne me fait pas peur, ça a plutôt tendance à me consolider, à me donner du calme quand j'entends des gens hurler autour de moi", a-t-elle continué.

Une Première ministre en sursis ?

La cheffe du gouvernement a déclaré ne pas se "poser de questions" quant à son avenir à Matignon, malgré les appels à la démission formulés par l'opposition. Interrogée quant au fait qu'elle serait "en sursis", elle a répondu : "je ne suis pas en train de me poser ce genre de questions, je suis à l'action". Elisabeth Borne a également dit ne pas se sentir visée par la pique de François Bayrou, qui avait appelé à ce que "le Premier ministre ou la Première ministre soit politique, qu'on n'ait pas le sentiment que c'est la technique qui gouverne le pays". "Je ne me sens pas visée par cette critique", a-t-elle assuré, en indiquant qu'elle avait "eu l'occasion de s'expliquer (jeudi) avec François Bayrou".

"Mon objectif, c'est d'apporter les meilleures réponses aux Français et ma conviction, c'est que ça se fait dans le dialogue et c'est ce que j'ai fait tout au long de ma vie professionnelle", a encore martelé la Première ministre. Interrogé si elle allait engager sa responsabilité le 5 juillet lors de la Déclaration de politique générale, elle a dit qu'elle n'avait "pas tranché ce point" encore.

Elisabeth Borne a par ailleurs expliqué se sentir "blindée", en reconnaissant "éviter de trop manifester (ses) émotions". "Peut-être que je ne sais pas exprimer mes émotions, ça doit être vrai dans ma vie publique, on va dire que c'est peut-être aussi vrai dans ma vie personnelle. Je pense que, voilà, ce blindage, peut-être, va un peu loin, oui", a-t-elle ajouté.

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