Assassinat de Samuel Paty : Eric Dupond-Moretti sort du silence

Assassinat de Samuel Paty : Eric Dupond-Moretti sort du silence
©Panoramic

, publié le lundi 19 octobre 2020 à 22h55

Jusqu'ici muet au sujet de la mort de Samuel Paty, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti s'est exprimé dans les colonnes du Parisien. Il promet du changement au niveau juridique et appelle à l'unité du pays face à la menace terroriste.

« La barbarie est à nos portes, à celles de nos écoles » : les mots sont forts et pesés.

Dans un entretien accordé au Parisien, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti confie ses impressions sur la mort de Samuel Paty, cet enseignant assassiné à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Il confie avoir été très ému, triste mais aussi en colère et révolté face à un tel acte. « La haine que portent les terroristes islamistes, contre les juifs, les militaires et toutes nos valeurs, est inextinguible. »


S'il refuse de tomber dans la « surenchère » qui serait « le populisme et la démagogie » à ses yeux, le Garde des Sceaux promet du changement en terme juridique pour lutter contre le terrorisme en France. Cela doit notamment passer par la loi contre le séparatisme qui va être renforcée. « Ne pas le faire serait de l'aveuglement », reconnaît-il.

Légiférer sur les réseaux sociaux

La question des réseaux sociaux agite le débat public depuis cet assassinat. Eric Dupond-Moretti souligne auprès du Parisien que la dernière directive à ce sujet remonte à 2000, une année où ces plateformes n'avaient pas autant d'influence. Selon lui, les décisions doivent être prises à l'échelle européenne. Cela pourrait se traduire par la fin de l'anonymat sur les réseaux sociaux ou bien « le retrait des contenus terroristes en ligne. » 

La classe politique française s'est déchirée sur ce sujet, plusieurs partis ont d'ores et déjà proposé des idées de mesures pour lutter contre le terrorisme en France. « Depuis vendredi, une partie de la classe politique semble avoir perdu son sang-froid. A peine la tragédie était-elle publique que des politiciens s'en servaient déjà avec cynisme à des fins électoralistes. Cela me dégoûte. C'est d'une grande indécence », dénonce le ministre de la Justice.

Eric Dupond-Moretti préfère prôner le calme. « Je pourrais vous annoncer 50 mesures. Mais ce n'est pas du tout ce que nous avons envie de faire. On ne peut pas mentir. » Interrogé sur un possible conflit avec les magistrats qui pourraient être un obstacle à son travail, il balaie cette hypothèse assurant que « la situation est suffisamment dramatique pour ne pas se perdre dans ces histoires. »

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