Aquarius : pour Jacques Toubon, Défenseur des Droits, il fallait accueillir les migrants

Aquarius : pour Jacques Toubon, Défenseur des Droits, il fallait accueillir les migrants
Paris, le 23 fevrier 2017. Jacques Toubon s'exprime lors de la présentation annuelle de son rapport.

leparisien.fr, publié le dimanche 24 juin 2018 à 08h15

Il estime que la France devait « accueillir dans l'urgence » les 630 personnes à bord du navire.

Traiter l'urgence humanitaire d'abord, régler la question administrative ensuite. Tel est le message que fait passer le Défenseur des Droits, Jacques Toubon. Interrogé dans « le JDD », il critique la réponse française à la crise du navire humanitaire de l'Aquarius, jugeant qu'il aurait fallu « accueillir d'abord » les migrants et étudier leur « situation administrative ensuite ». Paris, longtemps silencieux, a fait le choix inverse.

Celui qui a été nommé pour six ans par l'ancien président de la République François Hollande, en 2014, considère que « la réponse qu'il fallait donner à l'errance des migrants de l'Aquarius était une réponse humanitaire : accueillir ces personnes dans l'urgence ».

L'Aquarius, navire de l'ONG SOS Méditerranée qui transportait 630 migrants, a terminé le 17 juin sa route à Valence, en Espagne, après une errance d'une semaine en Méditerranée provoquée par le refus de l'Italie et de Malte de lui ouvrir leurs ports. En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement français n'ait pas proposé d'accueillir le bateau, passé près des côtes corses. Face aux critiques, Paris a fini par annoncer qu'elle était prête à accepter une partie de ces migrants. Mais uniquement ceux « qui répondraient aux critères du droit d'asile » après examen de leur situation en Espagne.

Il dénonce l'idée « fausse » d'une « submersion » migratoire

« Le principe de non refoulement prévu par la Convention de Genève impose à la France de donner à l'errance de ces personnes une réponse humanitaire et juridique : les accueillir d'abord, observer leur situation administrative ensuite », assure Jacques Toubon. Le Défenseur des Droits a par ailleurs déploré que « la peur » et l'idée « fausse » d'une « submersion » migratoire « guident les opinions et les choix politiques ».

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dont le projet de loi controversé sur l'immigration doit être adopté pendant l'été, a été critiqué pour avoir déclaré que certaines régions sont « submergées par les flux de demandeurs d'asile ». « Il faut que la vérité et la raison reprennent le dessus sur les préjugés et les émotions pour que soient respectés scrupuleusement les droits fondamentaux », exhorte Jacques Toubon.

Depuis samedi, un autre bateau connaît une situation similaire à l'Aquarius, le Lifeline que l'Italie et Malte refusent également d'accueillir.

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