Aquarius : Emmanuel Macron dénonce le "cynisme" et "l'irresponsabilité" de l'Italie

Aquarius : Emmanuel Macron dénonce le "cynisme" et "l'irresponsabilité" de l'Italie
Emmanuel Macron lors du discours de clôture du G7, le 9 juin 2018 à La Malbaie, au Canada.

Orange avec AFP, publié le mardi 12 juin 2018 à 15h10

Le silence du gouvernement sur le bateau transportant 629 migrants crée la polémique au sein-même de la majorité LREM.

Alors que la classe politique française critiquait le silence de l'exécutif, Emmanuel Macron s'est exprimé, mardi 12 juin, sur le sujet en Conseil des ministres. Le président de la République a dénoncé la "part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien" qui a refusé d'accueillir l'Aquarius, a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.



Le chef de l'Etat "a tenu à rappeler le droit maritime" qui indique "qu'en cas de détresse, ce soit la côte la plus proche qui assume la responsabilité de l'accueil".

"Si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster" en France, car "c'est le respect du droit international", a ajouté Emmanuel Macron qui a salué le courage de l'Espagne après sa décision d'accueillir le bateau, a rapporté le porte-parole du gouvernement.

"La réponse ne peut être qu'européenne"

"Nous sommes évidemment prêts à aider les autorités espagnoles pour accueillir et analyser la situation de ceux qui, sur ce bateau, pourraient vouloir bénéficier du statut de réfugié", a de son côté déclaré Edouard Philippe devant l'Assemblée nationale, se disant "heureux" de la décision de l'Espagne d'ouvrir le port de Valence. Le Premier ministre a également "pointé le non-respect" par l'Italie de ses "obligations", selon lesquelles l'Etat le plus proche d'un bateau en détresse doit le secourir. L'Italie "a choisi de ne pas le faire et donc de méconnaître ses responsabilités", a relevé M. Philippe.



Interrogé par le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade, le chef du gouvernement a estimé que "cet épisode extrêmement cruel et douloureux montre qu'il n'y a pas d'espoir d'une solution nationale à ce problème". "La réponse ne peut être qu'européenne", a-t-il insisté en affirmant que le "sujet sera évoqué" mardi et mercredi prochains lors du conseil franco-allemand des ministres à Berlin.

"A la fin du mois de juin se tiendra un Conseil (européen) durant lequel nous entendons faire des propositions pour permettre d'aboutir à une solution européenne", a poursuivi M. Philippe tout en admettant que "tous les pays européens ne veulent pas de solution collective".

Pour les députés LREM, "il aurait été du devoir de la France de proposer d'accueillir" l'Aquarius

L'Aquarius, le navire humanitaire de SOS Méditerranée, est bloqué en Méditerranée, depuis dimanche 10 juin, avec 629 migrants secourus à son bord. L'Espagne a annoncé, lundi 11 juin, qu'elle allait prendre en charge le bateau. Une offre intervenue après le refus des gouvernements maltais et italien d'accueillir le navire sur leur territoire. Jusqu'à maintenant, le gouvernement français ne s'était pas exprimé sur la situation. Un silence critiqué par la classe politique, et même au sein de la République en marche.



"Une trentaine" de députés La République en marche (LREM) ont dénoncé, mardi 12 juin au matin, une "France paralysée dans sa solidarité", dont le devoir "aurait été (...) de proposer d'accueillir" les migrants concernés. Hugues Renson, vice-président de l'Assemblée nationale, aurait " aimé que la France puisse être dans la droite tradition qui est la sienne d'accueil et de réponse aux situations humanitaires d'urgence". "Il aurait été du devoir de la France de proposer d'accueillir les quelque 600 hommes, femmes et enfants en danger", s'est fendu le député de Marseille Saïd Ahamada, sur Twitter.

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