Après les Européennes, l'aile gauche de la majorité veut peser plus

Après les Européennes, l'aile gauche de la majorité veut peser plus
Jean-Yves Le Drian à Paris, le 22 mai 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 28 mai 2019 à 14h07

Selon des informations de presse, Jean-Yves Le Drian souhaite fédérer les forces de gauche jugées "macron-compatibles", au côté du parti présidentiel. Il n'est plus membre du Parti socialiste depuis son ralliement à Emmanuel Macron mais n'a pas rejoint le parti présidentiel La République en marche.

Les divergences partisanes ne sont pas encore réglées au sein de la République en marche. Alors que l'aile droite de la majorité sort renforcée du scrutin européen, les tenants de l'aile gauche commencent à donner de la voix, à l'image de Jean-Yves Le Drian ou d'Aurélien Taché.

"Je pense que cette sensibilité de gauche-là ne s'est pas suffisamment exprimée et qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'attentes à cet égard", a déclaré mardi 28 mai sur France Inter Jean-Yves Le Drian, poids-lourd ex-PS du gouvernement.

"Il faut donc constituer cette sensibilité, faire entendre sa culture, ses intentions, ses propositions dans l'ensemble de la force démocrate en constitution qui soutient Emmanuel Macron", a ajouté le ministre des Affaires étrangères sur France Intersans plus de précisions.



Selon des informations de presse, Jean-Yves Le Drian, qui fut pendant cinq ans le ministre de la Défense de François Hollande avant de rejoindre Emmanuel Macron, souhaite fédérer les forces de gauche jugées "macron-compatibles", au côté du parti présidentiel. Jean-Yves Le Drian, ex-président de la région Bretagne, n'est plus membre du Parti socialiste depuis son ralliement à Emmanuel Macron mais n'a pas rejoint le parti présidentiel La République en marche (LREM).

Selon lui, "est en train d'apparaître dans la recomposition du paysage politique français une espèce de grande force démocrate dans laquelle il y a des sensibilités de gauche, des sensibilités du centre, des sensibilités écologistes et des sensibilités de la droite modérée". "Cette grande force démocrate est en cours de constitution, elle va plus loin que l'addition d'En Marche et du MoDem (centristes) et c'est sans doute l'enjeu des semaines et des mois qui viennent", a-t-il dit.


De son côté, le député LREM Aurélien Taché a estimé que la majorité allait devoir "envoyer des signaux" à son électorat de gauche qui a, en partie, voté écologiste lors des élections européennes. "La gauche démocrate" s'est "largement reconstituée avec les écologistes et le score cumulé de Benoît Hamon, de Raphaël Glucksmann et de Ian Brossat", ce qui représente au total "plus de 25 points", a noté l'élu du Val-d'Oise, qui incarne une sensibilité de gauche au sein du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale.

"Dans cet électorat-là, il y a une bonne part de nos électeurs de 2017 (...) Donc c'est très clair qu'il va falloir envoyer des signaux à cet électorat", a ajouté l'ancien militant socialiste. Le parti présidentiel lorgne-t-il pour autant trop à droite et pas assez à gauche? "Il est bien que la politique économique qu'on mène (...) permette à la droite moderne, libérale, modérée, européenne de se retrouver dans ce qu'on fait, mais il faut aussi complètement rassembler notre électorat du premier tour en 2017", répond le député.

Il y a eu "des gestes forts" vers les électeurs de gauche, reconnaît-il en citant notamment la décision d'augmenter la prime d'activité, mais "il faut accentuer l'effort dans cette direction pour marcher sur nos deux jambes". Il plaide pour que les députés LREM de cette sensibilité se réunissent "plus souvent" et travaillent "de manière plus étroite" afin "d'affirmer des marqueurs sociaux et environnementaux très clairs" dans les prochains textes de loi soumis au Palais Bourbon.

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