Après l'attaque à Nice et malgré l'opposition de certains députés, l'Assemblée vote largement le reconfinement

Après l'attaque à Nice et malgré l'opposition de certains députés, l'Assemblée vote largement le reconfinement
Minute de silence à l'Assemblée pour les personnes tuées à Nice, le 29 octobre 2020.

, publié le jeudi 29 octobre 2020 à 13h50

Le Premier ministre Jean Castex a fait part de sa "gratitude pour ce vote clair et sans ambiguïté qui est à la hauteur des circonstances graves que notre pays traverse".

Malgré l'opposition de certains députés, qui souhaitaient que le débat et le vote sur la situation sanitaire et le confinement soient reportés après l'attaque de Nice, l'Assemblée nationale a apporté jeudi un large soutien, par 399 voix contre 27, au gouvernement et au reconfinement décidé face à la deuxième vague du Covid-19.


Si les députés devaient débattre et voter ce jeudi sur les nouvelles mesures décidées pour endiguer l'épidémie de coronavirus, en pleine séance, le Premier ministre Jean Castex, qui était venu défendre sa stratégie contre le Covid-19, apprend qu'une attaque s'est produite à Nice. Il échange alors avec le président de l'Assemblée Richard Ferrand, qui prend la parole pour informer les députés de la situation, avant de demander une minute de silence dans l'hémicycle et une interruption de séance.

Les débats ont ensuite repris dans l'hémicycle au grand dam de certains. A la tribune, la cheffe de file du groupe socialiste Valérie Rabault a ainsi estimé qu'il aurait fallu "interrompre ce débat" sur le reconfinement et la gestion de la crise sanitaire, en raison de l'attaque à Nice. "La République continue, la République est vivante, la démocratie aussi, mais le respect que nous devons à nos concitoyens, aux Niçois, aurait dû nous imposer de reporter notre débat", a-t-elle lancé sous les applaudissements de députés de gauche et de droite. Le groupe PS votera néanmoins en faveur du plan du gouvernement. 

Le groupe LR a de son côté indiqué qu'il ne prendra pas part au vote. Il n'est "pas sûr qu'un vote qui montrerait des fractures dans la représentation nationale soit opportun (...) Notre groupe ne prendra pas part au vote, en conscience et en responsabilité afin de ne pas ajouter des divisions dans notre pays", a affirmé son président Damien Abad. Le groupe Libertés et Territoires a également annoncé par la voix du député de Charente-Maritime, Olivier Falorni, son intention de ne pas prendre part au vote.

Le Premier ministre Jean Castex a déploré que certains députés "aient décidé de ne pas prendre part au vote" sur le plan de confinement, leur reprochant de "détourner le regard". "C'est certes leur droit le plus absolu, mais quand la maison France est dans la difficulté, on doit prendre ses responsabilités, on ne détourne pas le regard", a-t-il ajouté devant l'Assemblée nationale.


Finalement, malgré ces remous, l'Assemblée a apporté un large soutien au reconfinement décidé. Le Premier ministre a fait part de sa "gratitude pour ce vote clair et sans ambiguïté qui est à la hauteur des circonstances graves que notre pays traverse".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.