Anticipant un "canon à merde" contre lui, Mélenchon devance des révélations de presse

Anticipant un "canon à merde" contre lui, Mélenchon devance des révélations de presse
Jean-Luc Mélenchon le 27 octobre 2017 à Athènes.

Orange avec AFP, publié le mercredi 15 novembre 2017 à 16h29

RÈGLEMENT DE COMPTES. Le leader de la France insoumise (LFI) a annoncé mercredi qu'il allait "mettre en demeure", avant une éventuelle plainte en diffamation, les magazines l'Express et Capital, devançant des "révélations" sur des questions de patrimoine ou de népotisme.

"La meute aime l'info comme le fromage : elle préfère que ça pue".

Une fois de plus, Jean-Luc Mélenchon est en désaccord avec les médias et tient à le faire savoir. Dans une note de blog publiée mercredi 15 novembre et intitulée "L'égout médiatique crache à pleins tuyaux", le député des Bouches-du-Rhône accuse les médias d'acharnement contre lui et la France insoumise. "Je sais que le canon à merde va encore tonner, contre moi cette fois-ci. D'ici quelques jours, Capital et L'Express veulent tirer leurs salves de commande", écrit-il.

"Heureusement, dans les deux rédactions, il existe des insoumis, à tous les niveaux. Cela me permet de savoir assez exactement les intentions et l'ambiance de haine qui m'entoure de la part de ces gens", déplore-t-il.



QUELLES RÉVÉLATIONS ?

Le mensuel économique l'a notamment interrogé sur l'achat de sa permanence à Massy (Essonne) en 1997, lorsqu'il était sénateur. Des questions envoyées par mail que Jean-Luc Mélenchon avait publié sur Twitter la semaine passée et auxquelles il répond point par point, circonstances de l'achat, moyens de paiement, gestion des aménagements du local, revente avec plus-value, assurant avoir "raconté l'histoire 100 fois".



L'Express a de son côté adressé par mail 19 questions portant essentiellement sur son passé d'élu de l'Essonne. Achat de son appartement parisien en profitant en tant que sénateur d'un "prêt à taux préférentiel", transports avec la voiture du Conseil général de l'Essonne alors qu'il n'en était plus élu, favoritisme... Évoquant un "questionnaire cousu de ragots", l'ex-candidat la présidentielle répond parfois de manière circonstanciée, parfois en renvoyant à des décisions de justice ou à la loi de l'époque évoquée.

Il s'agace davantage quand l'hebdomadaire lui demande s'il a "fait pression directement ou indirectement" pour permettre à sa fille, son ex-femme et son ex-compagne d'être recrutées par diverses collectivités locales. "Qui vous donne le droit de menacer la réputation de femmes honnêtes et travailleuses (...)?, votre sexisme évident est révulsif", écrit-il.

POURSUITES JUDICIAIRES

"Mon but est de rien laisser sans réponse, sans pour autant donner une place centrale au flot de l'égout médiatique", justifie le leader de la France insoumise, assurant : "Bien évidemment, il est impossible que j'aie commis quelque acte délictueux ou immoral que ce soit. Si ce n'était pas le cas, il y a longtemps que ça se saurait."

"Je fais une mise en demeure et je poursuivrai le moment venu en diffamation", prévient par ailleurs l'élu.

LE CAS GARRIDO

Jean-Luc Mélenchon revient également sur le départ de la France insoumise de Raquel Garrido. La porte-parole de l'ancien candidat à la présidentielle a dû renoncer à son engagement politique pour conserver son poste de chroniqueuse sur C8. "Ce résultat a été obtenu par une pression du CSA sur le média. Telle est la liberté d'expression comme la conçoit Olivier Schrameck, le président du CSA. L'homme qui avait ouvert une enquête contre TF1 après un reportage sur moi avec cette chaîne un jour de manifestation", dénonce-t-il. Le gendarme de l'audiovisuel a contesté avoir "exigé" son retrait de la vie politique.

"Comme cette infamie obtenue sous la pression ne suffisait pas, il a fallu que certains sous entendent un conflit entre elle et moi", s'emporte-t-il. "J'ai dit et répété ce qui est : je milite avec Raquel depuis qu'elle était une jeune dirigeante de SOS racisme. Elle est et reste mon amie", assure-t-il.

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