Annonces de Macron : qui va bénéficier de la baisse de l'impôt sur le revenu ?

Annonces de Macron : qui va bénéficier de la baisse de l'impôt sur le revenu ?
Gérald Darmanin et Bruno Le Maire à l'Élysée le 24 septembre 2018.

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 26 avril 2019 à 14h30

ÉCLAIRAGE. Jeudi, lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron a annoncé une baisse de l'impôt sur le revenu, pour un montant "autour de 5 milliards".

Les ministres de l'Économie, Bruno Le Maire, et de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, ont commencé à préciser les modalités de cette mesure vendredi. Voici ce que prévoit le gouvernement. 

Le président de la République a confirmé jeudi soir vouloir baisser "significativement" l'impôt sur le revenu, en priorité pour les classes moyennes, afin de répondre au sentiment d'"injustice fiscale". 

• Un geste fiscal de 5 milliards d'euros 

"Si on réussit à baisser d'au moins 5 milliards d'euros" l'impôt sur le revenu, "ce sera un geste significatif pour l'ensemble de ceux qui y contribuent", a déclaré le chef de l'État, qui s'exprimait à l'issue du grand débat national, pour répondre à la crise des "gilets jaunes". 

Ce chiffre, à rapporter aux 73 milliards d'euros récoltés l'an dernier à travers cet impôt, pourrait toutefois évoluer. Ce sera "au gouvernement de définir le quantum" exact de la baisse, dans le cadre du projet de loi de finances voté à l'automne, a précisé Emmanuel Macron. Durant le grand débat national, les députés de la majorité avaient proposé un geste fiscal compris entre un et 3 milliards d'euros.

• 15 millions de foyers fiscaux concernés 

Selon le ministre des Finances, Bruno Le Maire, la baisse de l'impôt sur le revenu devrait bénéficier à "environ 15 millions de foyers fiscaux". Cette mesure sera ciblée sur "la classe moyenne", a assuré de son côté Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics. 




• Une baisse d'environ 10%

Selon plusieurs médias, la baisse d'impôt pourrait être de l'ordre de 300 euros annuels pour les foyers concernés. Un chiffre que Bercy refuse de confirmer, évoquant des "arbitrages encore en cours". Si la baisse atteint 5 milliards, "on peut considérer que c'est une baisse d'impôt d'à peu près 10% pour chacun des Français qui paye l'impôt sur le revenu, à l'exception des plus riches d'entre eux", avance Gérald Darmanin.

Actuellement, seuls 43% des Français payent l'impôt sur le revenu, soit 16,8 millions de foyers fiscaux. Selon l'exécutif, cette proportion - qui a fortement diminué ces dernières années - devrait rester stable, la réforme ne prévoyant pas de nouvelles exonérations. 

• Dès janvier 2020 

Selon Gérald Darmanin, la baisse d'impôt entrera en vigueur en janvier 2020, une fois adopté le projet de loi de finances. 

• A priori, pas de nouvelle tranche

Durant le grand débat, plusieurs membres de la majorité s'étaient prononcés pour la création de nouvelles tranches d'imposition, de façon à rendre l'entrée dans l'impôt sur le revenu plus progressive. Actuellement, cinq tranches existent : 0% (jusqu'à 9. 964 euros de revenu annuel par part fiscale), 14% (entre 9.965 et 27.519 euros), 30% (entre 27.520 et 73.779 euros), 41% (entre 73.780 et 156.244 euros) et 45% (pour les revenus supérieurs à 153.783 euros). 

L'objectif, c'est d'"adoucir l'entrée dans l'impôt sur le revenu", actuellement trop "dissuasive" pour les personnes qui reprennent un travail, explique Bruno Le Maire, qui veut soulager les tranches à 14% et 30%. 

• Comment financer la baisse de l'impôt sur le revenu ? 

Emmanuel Macron a évoqué plusieurs pistes, à commencer par la réduction des niches fiscales. "On ne touchera pas à celles des ménages", promet-il toutefois, en ajoutant vouloir cibler les réductions et crédits d'impôts bénéficiant aux entreprises.

Selon des sources au sein de la majorité, la niche fiscale sur le gazole non routier, dont profite le secteur du BTP/construction, devrait être supprimée. D'autres dispositifs pourraient aussi être ciblés. "Nous allons faire un travail très précis pour regarder" ce qui "mériterait d'être réduit", explique Bruno Le Maire.

Emmanuel Macron a également évoqué l'allongement de la durée de cotisation pour le départ en retraite, sans toucher pour autant à l'âge légal de 62 ans, et sans supprimer de jour férié. Il a enfin évoqué la piste de la fermeture de certains "organismes" publics jugés inutiles. 

• Comment ne pas creuser le déficit ?

Officiellement, ni la baisse de l'impôt sur le revenu ni la réindexation des petites retraites, dont le coût pour les finances publiques est évalué à 1,4 milliard d'euros, n'auront d'impact sur la trajectoire budgétaire de la France, dont le déficit public devrait atteindre 2% en 2020. "Sur la dépense publique, nous ne lâcherons rien", promet Bruno Le Maire. Le ministre assure que "chaque euro de baisse d'impôt" sera "financé par un euro de baisse de la dépense publique". 

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