Annonces d'Édouard Philippe : "La ligne rouge est franchie", selon les syndicats

Annonces d'Édouard Philippe : "La ligne rouge est franchie", selon les syndicats
Édouard Philippe à Paris, le 12 décembre 2019.

, publié le mercredi 11 décembre 2019 à 14h31

La plupart des syndicats menacent d'intensifier le mouvement social.

La présentation de la réforme des retraites par Édouard Philippe est loin d'avoir apaisé les syndicats. CGT, Unsa ou encore CFDT ont dénoncé mercredi 11 décembre le projet du gouvernement, certains évoquant une "ligne rouge", tandis que le Medef a, de son côté, fait part de sa satisfaction.


"Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c'était le fait de ne pas mélanger la nécessité d'une réforme systémique (...) et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie", a estimé le numéro un de la CFDT, Laurent Berger dans les couloirs du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Il a dénoncé une réforme "lestée par un angle budgétaire accru".

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, pour sa part, a estimé que "le gouvernement s'est moqué du monde". "Le gouvernement veut individualiser le système de retraite (...). Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable", a déclaré M. Martinez sur LCI. Le secrétaire général de la CGT-Cheminots (1er syndicat de la SNCF), Laurent Brun, a appelé à "renforcer la grève" après les annonces du Premier ministre, qui a confirmé "le régime injuste par points", a-t-il indiqué à l'AFP.

Le discours d'Édouard Philippe détaillant la réforme n'est "pas à la hauteur de nos revendications", a regretté Didier Mathis, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF.


Le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure, a, lui, exprimé sa "déception". "On a eu la désagréable surprise, qui est une ligne rouge pour nous, qui est la question de la mesure d'âge", a-t-il déclaré, assurant que la mobilisation de ses fédérations à la SNCF, la RATP et chez les enseignants pourrait "se globaliser". 

La seule note positive est venue du Medef. "Du côté des entrepreneurs que représente le Medef, c'est un bon équilibre entre une réforme qui est redistributive (...) et la nécessité que tout ça doit être financé par quelqu'un et donc qu'il faut, quand c'est possible, qu'on travaille plus longtemps", a-t-il réagi après l'intervention du Premier ministre.

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