Allocution présidentielle : le "candidat" Macron a fait une "tentative de hold-up sur les idées de la droite", raille Valérie Pécresse

Allocution présidentielle : le "candidat" Macron a fait une "tentative de hold-up sur les idées de la droite", raille Valérie Pécresse
(De gauche à droite) Éric Ciotti, Valérie Pécresse, Christian Jacob, Michel Barnier et Xavier Bertrand, le 9 novembre 2021.

publié le mercredi 10 novembre 2021 à 16h05

Comme elle, les prétendants LR pour la présidentielle ont tous dénoncé un "discours de candidat", qui "dit l'inverse de ce qu'a fait le président".

Nouveaux réacteurs nucléaires, nécessité d'allonger l'âge de départ à la retraite, durcissement des contrôles pour les allocations chômage... Mercredi 10 novembre, au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, les prétendants Les Républicains pour la présidentielle ont raillé d'une seule voix le candidat "masqué" et sa "tentative de hold-up" à droite.

Dans une allocution de près d'une demi-heure suivie par 20,9 millions de personnes, le chef de l'État a déroulé mardi soir les priorités pour les cinq derniers mois de son quinquennat, démontrant, selon LR, qu'il est "sous la pression de la droite".

"Il y a eu clairement une instrumentalisation de la crise Covid pour faire un discours de campagne puisque, on l'a bien vu, Emmanuel Macron est candidat et il utilise tous les moyens de la République pour faire sa campagne, que ce soit les moyens financiers ou les moyens médiatiques", a déploré sur France Inter Valérie Pécresse.



Selon la présidente de la région Île-de-France, "il a fait une tentative de hold-up à nouveau sur les idées de la droite, le travail, le nucléaire, les retraites, mais c'est voué à l'échec". "On voit un président sous la pression de la droite qui veut faire oublier l'échec de son quinquennat", a-t-elle ajouté.


Emmanuel Macron a notamment annoncé mardi soir que la France allait construire de nouveaux réacteurs nucléaires sur son sol. De quoi faire bondir Xavier Bertrand, qui avait annoncé lundi soir, à l'occasion d'un premier débat avec les quatre autres candidats à l'investiture LR, que sa première mesure, s'il était élu président, serait de "lancer la construction de 10 nouveaux réacteurs nucléaires".

"Il a regardé le débat des Républicains, c'est évident, on est à la fin de son quinquennat, il va faire tout ce qu'il n'a pas fait pendant cinq ans, ça ne trompe personne", a critiqué sur RTL Xavier Bertrand. "Ce serait bien qu'il n'avance pas masqué", a ajouté le président des Hauts-de-France, qui estime aussi que "s'il était de droite, il aurait parlé d'insécurité" dans son allocution.


Dans le débat de lundi, la critique d'Emmanuel Macron avait été l'un des nombreux points de convergence des candidats, avec la baisse de la dépense publique et la fermeté sur l'immigration. "Hier (mardi, ndlr) j'ai entendu un candidat à la présidence de la République", a abondé sur France 2 le président du Sénat Gérard Larcher, pour qui "entre bilan et programme il y a des mots qui sont très différents".

"Aujourd'hui, il reconnaît qu'il faut repousser l'âge légal si on veut préserver le niveau des retraites et si on veut éviter des cotisations qui deviennent insupportables, il est revenu à la raison mais nous verrons", a commenté le président du Sénat à propos de la réforme avortée des retraites.

"C'était un discours de candidat, qui ne manque pas de sel", "un candidat qui dit l'inverse de ce qu'a fait le président de la République", a jugé sur Cnews Éric Ciotti, autre prétendant LR. Pour le député des Alpes-Maritimes, Emmanuel Macron "a parlé hier (mardi, ndlr) parce qu'il est inquiet de ce qu'il se passe à droite, la droite est de retour, elle se réveille, on a vu qu'il y a une unité, une équipe qui a des idées".

 
Un autre candidat, Philippe Juvin, a critiqué sur Sud Radio Emmanuel Macron qui "ne cesse de sortir le carnet de chèques, de promettre" car "il est en campagne". Sur Public Sénat, le sénateur LR Philippe Bas s'est en outre dit "assez choqué" de "l'allocution parfaitement incongrue" du président, une "propagande de nature électorale". Selon lui, Emmanuel Macron doit "déclarer sa candidature et ne pas se servir de la fonction présidentielle".

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a balayé sur franceinfo ce procès du président-candidat, "que les oppositions nous répètent à chaque fois qu'il prend la parole". "À les écouter, on a l'impression qu'il faudrait passer du quinquennat au triennat, il n'y aurait que trois ans et puis après, parce que l'élection présidentielle arrive, il faudrait s'arrêter d'agir", a-t-il déploré.
 

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