Allocations familiales : "Un enfant de riche vaut un enfant de pauvre et vice-versa" (Christian Jacob)

Allocations familiales : "Un enfant de riche vaut un enfant de pauvre et vice-versa" (Christian Jacob)

Le président du groupe Les Républicains (LR) à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, le 28 juin 2017.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 11 octobre 2017 à 20h04

L'"universalité" des allocations familiales va-t-elle être remise en cause ? C'est la crainte de ses partisans, après la décision du gouvernement de lancer une "réflexion" sur l'ensemble de la politique familiale. Le chef de file des Républicains (LR) à l'Assemblée, Christian Jacob, a parlé d''une faute gravissime".

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les allocations familiales sont versées à toutes les familles ayant au moins deux enfants à charge.

Ce principe, défendu notamment par les associations familiales, la droite, mais aussi historiquement par le PCF et les syndicats, a pour objectif de compenser la charge que représente un enfant. En juillet 2015, pendant le quinquennat de François Hollande, les allocations familiales ont été modulées en fonction des revenus, les plus aisés les voyant divisées par deux, voire par quatre. 

Cette décision avait suscité de vifs débats et avait été décrite par ses adversaires comme une première atteinte au principe d'universalité. L'Insee estimait fin 2016 que cette mesure avait pénalisé 590.000 ménages, "essentiellement" parmi les 20% les plus aisés de la population. Ces dernières semaines, des membres de la nouvelle majorité LREM ont soulevé l'éventualité d'une suppression pure et simple des allocations familiales pour les plus hauts revenus. 



Interrogée mardi au Sénat, la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, s'est montrée prudente : elle a souhaité entamer "avec le Parlement et l'ensemble des acteurs" une réflexion "sur la politique familiale en général, et sur les allocations familiales au service de cette politique". La ministre s'est dite "attachée au principe d'universalité pour la Sécurité sociale en général", tout en défendant "un meilleur ciblage des aides monétaires destinées à soutenir les familles qui en ont le plus besoin, notamment les parents isolés et les parents à faibles revenus".

"SI ON RENTRE DANS CETTE LOGIQUE-LÀ, JUSQU'OÙ VA-T-ON ALLER ?"

Quelques jours plus tôt, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, s'était dit "pas fermé" à l'idée de supprimer les allocations familiales pour les plus aisés. Le député LREM, Olivier Véran, avait pour sa part estimé fin septembre que leur suppression "pour les plus hauts revenus (par exemple pour ceux qui gagnent plus de 6.000 euros par mois) représenterait une économie d'environ 440 millions d'euros par an".

Les propos d'Agnès Buzyn n'ont pas calmé les esprits. Les Républicains (LR), Christian Jacob en tête, ont dénoncé "une attaque à notre politique familiale". La politique familiale "est une politique d'accompagnement", "elle est là pour compenser le coût d'éducation de l'enfant", a-t-il plaidé mercredi sur LCP. "Cela part d'un principe simple, c'est qu'un enfant de riche vaut un enfant de pauvre et vice-versa".

"Si on rentre dans cette logique-là, jusqu'où va-t-on aller ?", s'est interrogé Christian Jacob. "On va le poser sur le problème de la santé, en disant 'Mais pourquoi on va rembourser les frais aux gens qui ont tels ou tels revenus ?' On va le poser sur la retraite. Mais il n'y a plus aucun pilier de solidarité !" "À ce moment-là ces gens n'accepteront plus de cotiser, en disant : 'Mais attendez, nous, au nom de quoi on va cotiser ? On va se faire notre retraite, on va se faire notre protection sociale'. Et on casse tout le système de solidarité en France", a-t-il oursuivi. "Et c'est pour ça que c'est vraiment une faute gravissime que d'aller s'attaquer à notre politique familiale".



L'ancienne ministre de l'Écologie Ségolène Royal (PS) a également estimé qu'il fallait "maintenir l'universalité de la politique familiale", pointant le "risque de frapper une nouvelle fois les catégories moyennes". L'Union nationale des associations familiales (Unaf), qui défend aussi l'universalité, a de son côté apprécié la volonté affichée par Agnès Buzyn de travailler "en concertation avec les représentants des familles" et de "prendre réellement le temps de la réflexion".

Mais sa présidente, Marie-Andrée Blanc, a renouvelé auprès de l'AFP ses critiques sur "la coupe de 500 millions d'euros sur la prestation d'accueil du jeune enfant" (Paje), prévue dans le projet de budget 2018 de la Sécurité sociale et qui va affecter les parents de jeunes enfants. Selon les calculs de l'Unaf, cette réduction est "sans commune mesure" avec l'augmentation de l'aide aux frais de garde accordée aux familles monoparentales, mise en avant par le gouvernement. Ceci est d'autant plus "inacceptable" pour l'Unaf, que la branche famille de la Sécurité sociale sera excédentaire en 2017, pour la première fois depuis dix ans.

Des députés LR, MoDem et Constructifs plaident pour leur part pour un relèvement du plafond du quotient familial, dès le budget 2018. Cet avantage fiscal pour les ménages avec enfants avait été réduit par deux fois pendant le quinquennat Hollande. Mais la majorité LREM les a renvoyés au débat plus global qui s'annonce. Selon la députée Amélie de Montchalin, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée mènera une mission sur la politique familiale à laquelle sera associée la commission des finances.
 
137 commentaires - Allocations familiales : "Un enfant de riche vaut un enfant de pauvre et vice-versa" (Christian Jacob)
  • humainement parlant je suis tout a fait d accord qu un enfant de riche ou de pauvre ou de ce que vous voulez , se valent tous et soient tous egaux

    par contre ils ne le sont plus quand les parents sont riches , car plus ils ont les moyens financiers , plus ils peuvent aider facilement leurs enfants , ce qu ils ont toujours fait dailleurs

    il n en est pas de meme pour un enfant de pauvre qui poursuit ses etudes , si les parents ne peuvent pas aider et meme avec une bourse , beaucoup d entre eux doivent travailler pour etudier correctement , ils ne sont donc plus égaux !!! les uns sont a 100% dans leurs études sans aucun souci du lendemain et pas trop fatigués , les seconds fatigués et moins aptes a suivre leurs cours !! that is my opinion :)

  • On paie des impôts en fonction de ses revenus...
    On doit donc percevoir des allocations également en fonction de ses revenus...

  • C'est Jacob ou Delafon qui a inventé le bidet ?

    Y a plus de doute : c'est Yacob !

  • Jacob, le Monsieur Jourdain des "LR" !!!

  • A voir les déclaration de cet homme, de surcroit politique, il est logique de s'inquiéter du principe d'égalité de la société française. Il n'a pas du souffrir de faim, ni au lendemain du passage du père noël, se demander pourquoi le modeste jouet qu'il avait demandé avait été remplacer par une mandarine ou une pochette surprise.

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