Aides sociales : le Premier ministre Édouard Philippe tente de clarifier

Aides sociales : le Premier ministre Édouard Philippe tente de clarifier
Le Premier ministre, Édouard Philippe, a dû mettre les choses au clair concernant les aides sociales, ce mercredi, à l'issue d'un séminaire gouvernement. Depuis plusieurs semaines, son gouvernement cafouillait.

leparisien.fr, publié le mercredi 30 mai 2018 à 21h35

Tout en réaffirmant l'objectif de contenir la dépense publique, Édouard Philippe a estimé que la «question n'était pas de savoir s'il y avait trop d'aides sociales».

« La meilleure façon de faire passer ce genre de réforme, c'est de préparer les esprits en martelant le diagnostic sur les dysfonctionnements du système. » Ce conseiller ministériel résume bien la manière avec laquelle l'exécutif tente de reprendre la main sur la réforme - explosive - des aides sociales.

Après plusieurs semaines de cafouillages, et de déclarations contradictoires au sein du gouvernement, le Premier ministre a essayé de clarifier les choses, ce mercredi, à l'issue du séminaire gouvernemental qui se tenait à l'Élysée. Pour lutter contre la pauvreté et le chômage de masse, Édouard Philippe prône un changement « à 180 degrés de paradigme ».

« La question n'est pas de savoir s'il y a trop ou pas assez d'aides sociales, a-t-il déclaré, la question est de savoir si notre modèle est efficace, s'il produit des résultats pour ceux qui en ont le plus besoin. » Inviter à changer de logiciel sur le « maquis des minima sociaux » en prenant les Français à témoin, voilà donc pour la stratégie.

Un appel à une «cohérence dans la communication»

« J'ai la conviction que nos concitoyens savent parfaitement que notre ascenseur social ne fonctionne pas », a insisté le chef du gouvernement. Tout en se gardant bien de rentrer dans le détail des aides sociales qui seront amenées à évoluer. Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ciblait pourtant, il y a quelques jours, la prime d'activité, décrite comme « une trappe à inactivité » et non comme « un tremplin ».

Une boulette ? Édouard Philippe réfute le moindre désaccord avec son ministre, et ami, mais rappelle tout de même l'importance de « la cohérence dans la communication gouvernementale ».

Dans cette affaire, tous le reconnaissent en coulisses, le débat a été « mal emmanché ». « Parler des aides sociales sous l'angle budgétaire n'était pas la bonne porte d'entrée », regrette un proche du président, qui redoute que ces couacs ne minent le débat. « Attention à ne pas reproduire l'été meurtrier des coupes budgétaires », prévient un autre.

«C'est trop tôt, la copie n'est pas prête»

Le traumatisme du coup de rabot de 5 euros sur les APL, qui a plombé la réforme du logement, est encore dans tous les esprits. Évoquer, en outre, la baisse de la prime d'activité comme l'a fait Darmanin, alors que le candidat Macron avait promis de l'augmenter n'a pas été jugé du meilleur effet au sein de la majorité. « Un comble ! », peste même un marcheur de la première heure. Dans son programme, le président assurait un 13e mois au smicard en promettant d'augmenter ce complément de revenu pour tous les travailleurs pauvres.

Alors que veut faire précisément le gouvernement ? Patience. « C'est trop tôt, la copie n'est pas prête », glisse-t-on à Matignon. Les ministres sociaux comme, Agnès Buzyn, chargée du plan pauvreté qu'elle présentera d'ici fin juillet et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, « vont monter en puissance » souffle l'entourage du Premier ministre.

Une coupe à 100 milliards dans les aides sociales

« L'idée, c'est d'investir beaucoup plus dans l'accompagnement vers le travail plutôt que de satisfaire exclusivement à des logiques de guichets », a lâché mercredi Édouard Philippe. En clair, faire du social, c'est aussi créer de l'emploi. Et au passage, faire des économies ! Car c'est là que le bât blesse. Cette réflexion sur les aides sociales est largement télescopée par le vaste programme d'économies sur lequel planche Bercy.

Le gouvernement annoncera fin juin comment il compte réduire de 100 milliards la dépense publique en coupant notamment dans... les aides sociales. Difficile de ne pas voir aussi derrière ce « changement de paradigme » une logique comptable.

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