Âge de départ à la retraite : Laurent Berger menace de "mobiliser à la rentrée"

Âge de départ à la retraite : Laurent Berger menace de "mobiliser à la rentrée"
Laurent Berger à Paris, le 29 avril 2021.

publié le mardi 06 juillet 2021 à 10h51

"Au-delà du fond du sujet, il n'y a pas de voie de passage -sur la question démocratique- avant l'élection présidentielle", a tranché le syndicaliste.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a menacé mardi 6 juillet de "mobiliser à la rentrée" si le gouvernement décidait de relever l'âge de départ à la retraite.

"On serait en désaccord total, et on se mobilisera à la rentrée si c'était le cas, a prévenu Laurent Berger sur franceinfo. Mais pour l'instant il ne l'a pas dit, donc moi je ne fais pas de politique fiction."

Malgré les rumeurs, malgré les propos de ministres, notamment ceux de Bruno Le Maire qui s'est dit "favorable" au relèvement de l'âge de départ, le syndicaliste a refusé "d'appeler au loup" tant qu'Emmanuel Macron n'a pas fait de déclaration.


"Il faut un système de retraite beaucoup plus juste, a tranché Laurent Berger.

(...) La question d'une réforme qui serait purement budgétaire, qui ne serait pas une réforme (...) , 64 ans pour tout le monde, ce serait inacceptable."

"Au-delà du fond du sujet, il n'y a pas de voie de passage -sur la question démocratique- avant l'élection présidentielle, a-t-il encore estimé. Ce ne serait que de la conflictualité sociale."

Les partenaires sociaux sont reçus mardi à l'Élysée pour une "réunion d'écoute", avant de possibles annonces plus tard en juillet. Ils doivent faire le point sur la relance, le contexte sanitaire et la vaccination, mais aussi sur l'explosif sujet des retraites, que l'exécutif n'entend pourtant pas "dramatiser". Les huit chefs de file des grandes centrales syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P) ont été conviés à l'Elysée. Seront également présents le Premier ministre Jean Castex ainsi que les ministres Bruno Le Maire (Économie) et Élisabeth Borne (Travail).

Ils échangeront selon l'Elysée "sur la situation économique et sanitaire après plus d'un an de crise" et, "à la suite notamment du rapport Blanchard-Tirole", sur "les solutions devant être apportées aux grands défis tels que la croissance durable et la transition écologique, la lutte contre les inégalités économiques ou encore le défi démographique". Manière de dire, sans prononcer le mot, que les retraites seront en filigrane des discussions, alors que le rapport estime "inévitable" de réformer le système français de retraites, notamment en retardant l'âge de départ.



Une prise de parole du président de la République est attendue d'ici la mi-juillet, qui doit permettre de définir le cap de la fin du quinquennat, en particulier sur les réformes qu'il souhaite lancer et éventuellement sur un remaniement "technique". Emmanuel Macron "s'exprimera prochainement", "probablement" avant le 14 juillet, a confirmé dimanche sur Radio J le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Emmanuel Macron a remis la réforme des retraites sur la table lors d'un déplacement dans le Lot début juin. Gabriel Attal a souligné dans une interview aux Échos mercredi qu'une décision politique sur le sujet devrait être prise "notamment en fonction de l'épidémie et de l'ampleur de la reprise de l'économie". "Si le redécollage économique se confirme cet été et à la rentrée, et que la situation épidémique est maîtrisée, il est possible d'agir et d'enclencher un mouvement", a-t-il insisté.

Le président de la République pourrait poser le principe de la réforme, et renvoyer au mois de septembre la définition de ses contours précis.
 

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