Âge de départ à la retraite : des députés LREM s'inquiètent d'un éventuel recul

Âge de départ à la retraite : des députés LREM s'inquiètent d'un éventuel recul
Corinne Vignon à Toulouse, le 12 mai 2017.

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 03 avril 2019 à 11h51

Emmanuel Macron s'est engagé à ne pas toucher aux 62 ans, a rappelé Corinne Vignon, qui déplore l'incertitude engendrée par les déclarations des ministres.

La question du recul de l'âge de départ à la retraite créé des remous dans la majorité, alors que les déclarations de ministres, parfois contradictoires, se multiplient. Le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a déjà demandé une clarification" au gouvernement, allant jusqu'à mettre sa démission dans la balance.

Du côté de l'Assemblée, certains députés LREM commencent à s'inquiéter, a-t-on appris mardi 2 avril de sources parlementaires.

Le sujet de la dépendance a émergé dans le grand débat et un des groupes de travail des députés LREM dans ce cadre a averti du "risque politique lié à une éventuelle annonce de la suppression de jours fériés ou d'un allongement de l'âge de départ à la retraite", dans la synthèse remise à la presse. Par ailleurs, Corinne Vignon, présidente du groupe de travail transpartisan sur la réforme des retraites, mis en place en janvier à l'Assemblée, a envoyé récemment à ses collègues LREM un projet de tribune, que s'est procurée l'AFP.


"Les annonces issues de plusieurs ministères génèrent anxiété et incertitude chez nos concitoyens. Pourtant, le relèvement de l'âge est une fausse bonne idée", proclame-t-elle. La députée de Haute-Garonne rappelle l'engagement de campagne d'Emmanuel Macron de maintenir l'âge de départ à 62 ans, et pointe "Bercy (qui) voudrait nous inciter à reculer l'âge de la retraite pour trouver sans beaucoup d'effort les 9 milliards nécessaires pour financer la dépendance de nos aînés". Mais mardi matin lors de la réunion du groupe majoritaire, son président Gilles Le Gendre a indiqué avoir demandé à Mme Vignon de "suspendre ce débat", ce qu'elle a accepté, selon des participants. "Ce débat a une immense valeur, mais il est arrivé au mauvais moment", en pleine conclusion du grand débat, a-t-il expliqué.

Mercredi matin, il a cependant assuré sur Europe 1 que l'âge légal de la retraite à 62 ans "ne bougera pas", pour tenter de calmer la polémique naissante.

Delevoye met sa démission dans la balance

Le Premier ministre a assuré mi-mars que la future réforme des retraites ne toucherait pas à l'âge légal de départ, tout en se disant ouvert à l'idée de "travailler plus longtemps" pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

La ministre de la Santé a, elle, dit ne "pas" être "hostile" à l'idée de retarder l'âge de départ, n'excluant pas de "proposer un allongement de la durée de travail". Mais face à la polémique née de ses propos, Agnès Buzyn a assuré qu'"aucune modification de l'âge minimal de départ à la retraite n'est envisagée, ni sur la table des négociations que pilote le haut commissaire à la réforme des retraites", Jean-Paul Delevoye. Ce dernier a assuré que l'âge légal de départ "reste(ra) fixé à 62 ans" dans le cadre du système "universel" voulu par Emmanuel Macron.

"Monsieur Delevoye attend une clarification du gouvernement sur un éventuel recul de l'âge de départ à la retraite, en dehors du cadre des travaux et de la concertation qu'il mène sur la réforme des retraites", a confié l'entourage du Haut commissaire à la réforme des retraites. "Il n'a pas pour autant posé d'ultimatum au gouvernement, mais si les engagements pris devant les partenaires sociaux concernant l'âge minimum étaient remis en cause, il en tirerait les conséquences", a-t-on ajouté. Selon le Canard enchaîné daté de mercredi, il aurait déclaré à des proches: "plutôt partir que faire ça".

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