Afghanistan : les propos d'Emmanuel Macron sur l'immigration font "honte à la France"

Afghanistan : les propos d'Emmanuel Macron sur l'immigration font "honte à la France"
Emmanuel Macron durant son allocution sur l'Afghanistan, le 16 août 2021.

publié le mardi 17 août 2021 à 11h20

Comme le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle, plusieurs responsables de gauche se sont indignés des propos du chef du l'Etat qui a affirmé lundi que "nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants" lors de son allocution sur la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan.

Emmanuel "Macron fait honte à la France." Le maire EELV de Grenoble Eric Piolle, candidat à la primaire écologiste pour la présidentielle de 2022, s'est vivement insurgé contre les propos tenus lundi 16 août par le chef de l'Etat lors de son allocution sur la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan.



Lors de cette allocution télévisée, le président a déclaré : "La France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés (...) Mais l'Afghanistan aura aussi besoin dans les temps qui viennent de ses forces vives et l'Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle. Nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature."

Tout comme le maire de Grenoble, plusieurs responsables de gauche ont fermement dénoncé ces propos. Le député européen EELV Yannick Jadot, candidat à la primaire écologiste, s'est ainsi dit sur Twitter "sidéré d'écouter Emmanuel Macron déclarant que les femmes, les hommes et les enfants qui fuient l'enfer des talibans sont d'abord une menace, des 'migrants irréguliers', avant d'être des victimes et potentiellement des réfugiés". "Et l'asile ? Et ces enfants, ces femmes, ces hommes qui fuient l'horreur ?", a lancé le secrétaire national d'EELV Julien Bayou. 



"Comment rabougrir la France en une poignée de secondes", a affirmé de son côté le député LFI du Nord Adrien Quatennens, tandis que ses collègues de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain et Eric Coquerel dénonçaient une réponse "sordide".

"Quel cynisme.

Quelle honte", s'est également indignée la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, tandis que son collègue Rémi Féraud jugeait cette intervention "digne d'un mauvais président de droite". Il faut "protéger toutes celles et tous ceux qui relèvent désormais du droit d'asile", a affirmé le parton du PS Olivier Faure. 


Najat Vallaud-Belkacem a fustigé le choix des mots du président. "Mais enfin pourquoi ces mots ?!? Est-ce devenu ça la politique, l'en même temps tactique et glacial, encore et toujours, quelles que soient les circonstances, bouleversantes ?", s'interroge l'ancienne ministre socialiste. Quant à l'adjointe à la mairie de Paris Audrey Pulvar, elle a comparé Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy, estimant que "la droite reste de droite". "Hier les Syriens fuyant le régime fasciste d'Assad, comparés à une 'fuite d'eau' qui envahiraient notre maison. Sarkozy. Aujourd'hui les Afghans fuyant le régime fasciste des talibans, comparés à 'des flux migratoires irréguliers'. Macron. La droite reste de droite", a-t-elle écrit sur Twitter. 

"'Flux migratoire irréguliers', c'est donc ce terme que les femmes et les hommes qui s'accrochent aux ailes des avions à Kaboul auront inspiré à Emmanuel Macron", a regretté le député ex-LREM Aurélien Taché, que le gouvernement avait chargé en 2017 d'un rapport sur l'intégration avant qu'il ne prenne ses distances avec la majorité.


Devant le début de polémique, et alors que ses propos avaient été raillés par le lanceur d'alerte Edward Snowden d'un tweet lapidaire : "Emmanuel Le Pen !", le chef de l'Etat a précisé lundi peu avant minuit sur Twitter, à propos de ses déclarations "que certains veulent détourner", que "la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés".
 

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