Afghan rapatrié proche des talibans: "Il n'y a pas eu de faille", assure Gérald Darmanin

Afghan rapatrié proche des talibans: "Il n'y a pas eu de faille", assure Gérald Darmanin
Gérald Darmanin, le 9 août 2021, à Saint-Laurent-sur-Sèvre

publié le mardi 24 août 2021 à 09h05

Le ministre de l'Intérieur a confirmé que l'individu rapatrié sur le sol français était "manifestement en lien avec les talibans", et fait désormais l'objet d'une mesure de prévention administrative.

Un Afghan rapatrié en France, présumé proche des talibans par les autorités françaises, a été placé sous surveillance ainsi que quatre autres rapatriés proches de lui, a t-on auprès du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. L'un d'entre eux a été placé en garde à vue, a pour sa part annoncé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mardi 24 août.

Ces cinq hommes ont fait l'objet d'une "mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance" (Micas), prévue dans le cadre des lois antiterroristes.

Un homme a particulièrement retenu l'attention des autorités : "Même si cette personne a très largement aidé à l'évacuation de l'ambassade de France, nous pensons qu'il peut être lié aux talibans", a expliqué le ministre lundi 23 août, avant de répéter son propos ce mardi sur franceinfo. "Il n'y a pas eu de faille", soutient Gérald Darmanin, qui indique que l'individu a été repéré lors de l'escale des rapatriés en route vers la France à la base d'Abou Dhabi.

"A Abou Dhabi, tous ceux qui n'ont pas pu être criblés par les services de sécurité l'ont été", a t-il affirmé.

La Direction générale de la surveillance intérieure (DGSI) "a fait le travail qu'elle n'avait pas pu faire à Kaboul" en menant des entretiens de sécurité, avait déjà expliqué la veille Gérald Darmanin.



Selon l'arrêté pris par le ministre et consulté par l'AFP, cet homme a admis son appartenance au mouvement et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul. "Devant les difficultés extrêmement fortes de pouvoir faire des enquête de sécurité sur les personnes devant être rapatriées", les autorités françaises "ont accepté d'embarquer cette personne et sa famille", a ajouté le ministre. L'homme "risquait des représailles importantes suite à son aide sur place", a précisé une source proche du dossier

A son arrivée en France ce week-end, il s'est vu notifier la Micas, tout comme trois de ses proches "pour l'heure non directement soupçonnés". Quant au cinquième homme, "on a vu après une enquête DGSI qu'il avait des liens avec ces personnes bien qu'étant venu séparément", a détaillé le ministre. Les cinq sont sous "surveillance de la DGSI" et font l'objet de mesures de "restriction de liberté", a-t-il précisé.

A droite, l'annonce de la place Beauvau a fait réagir. Pour Xavier Bertrand, le gouvernement doit expliquer aux Français "ce qui empêcherait d'expulser en urgence absolue ces individus". "Le droit doit s'adapter aux besoins de notre sécurité. Pas l'inverse", clame t-il.


"Le 'devoir' d'accueil de la France passe en second plan quand la sécurité des Français est menacée. Cet impératif tombe sous le sens sauf pour... le gouvernement !", a de son côté tweeté Marine Le Pen (RN).

"Il s'agit pas de flux de migrants. Il s'agit d'avoir rapatrié plus de 1.000 Afghans qui ont aidé la France", a répondu Gérald Darmanin, qui s'en est pris à Xavier Bertrand, en fustigeant les "énormités" de "ceux qui étaient au gouvernement".
 

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