Affaires des écoutes : 4 ans de prison requis contre Nicolas Sarkozy, dont 2 avec sursis

Affaires des écoutes : 4 ans de prison requis contre Nicolas Sarkozy, dont 2 avec sursis
Nicolas Sarkozy est jugé pour "corruption" et "trafic d'influence"

, publié le mardi 08 décembre 2020 à 19h15

Des peines identiques ont été demandées à l'encontre des deux autres prévenus, Gilbert Azibert et Thierry Herzog.

"On ne peut pas admettre qu'un ancien président oublie la République". Le parquet national financier a requis mardi 8 décembre quatre ans de prison, dont deux avec sursis, à l'encontre de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, jugé pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes".


A l'issue de près de cinq heures d'un réquisitoire méthodique et aride, le procureur financier Jean-Luc Blachon a demandé les mêmes peines pour l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert et pour Thierry Herzog, avocat historique de l'ancien président, demandant pour ce dernier qu'elle soit assortie de cinq ans d'interdiction professionnelle.

C'est la première fois qu'une peine de prison est requise contre un ancien président sous la Ve République.

Dans l'affaire des emplois fictifs, le parquet avait demandé à l'époque la relaxe pour Jacques Chirac qui avait été finalement condamné.


Ouverte début 2014, cette enquête avait pour but de tenter de trouver la "taupe" qui aurait informé Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog qu'ils étaient écoutés sur leur ligne officieuse "Bismuth". Dans ce cadre, les factures téléphoniques détaillées de plusieurs avocats ont été épluchées, certains géolocalisés. Elle a été classée sans suite fin 2019.

Une affaire aux "effets dévastateurs"

"Les faits ne se seraient pas produits si un ancien président, avocat par ailleurs, avait gardé présent à l'esprit la grandeur, la responsabilité, et les devoirs de la charge qui fut la sienne", a lancé le procureur, soulignant qu'il avait été en tant que chef de l'Etat "le gardien de l'indépendance de l'autorité judiciaire".

"La République n'oublie pas ses présidents, ne serait-ce que parce qu'ils font l'histoire. A l'inverse, on ne peut pas admettre d'un ancien président qu'il oublie la République et ce qu'elle porte depuis plusieurs décennies: un Etat de droit", a poursuivi Jean-Luc Blachon. Dénonçant les "effets dévastateurs de cette affaire qui vient cogner les valeurs de la République", le magistrat financier a estimé qu'elle avait "abîmé" l'institution judiciaire, la profession d'avocat et l'image présidentielle.
 

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