Affaire Quatennens : "Une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours", estime le député Manuel Bompard

Affaire Quatennens : "Une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours", estime le député Manuel Bompard
Manuel Bompard à l'Assemblée nationale le 21 septembre 2022.

publié le vendredi 23 septembre 2022 à 16h20

Accusé d’avoir minimisé la "gifle" donnée par Adrien Quatennens à son épouse, Manuel Bompard s'est défendu vendredi après-midi en évoquant la "graduation" des violences. Plus tôt dans la journée, le député LFI des Bouches-du-Rhône avait affirmé qu'"une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours". 

C'est une nouvelle déclaration qui ne passe pas, près d'une semaine après la réaction de Jean-Luc Mélenchon, suite à la mise en retrait d'Adrien Quatennens soupçonné de violences conjugales. Invité ce vendredi 23 septembre dans La matinale de CNEWS, Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône où il a au chef de file des Insoumis, affirme qu'"une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours".

Face au tollé, il a voulu s'expliquer en évoquant la "graduation" des violences.


"J'essaye de faire la part des choses. Une gifle n'est jamais acceptable mais une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours. Et une gifle n'est pas égale à un homme qui est accusé de viol après avoir drogué les personnes qui l'accusent (...). Il faut qu'on arrive sur ces sujets à avoir de la nuance", a affirmé le député LFI dans La Matinale de CNEWS.

Colère à gauche et dans la majorité 

Une déclaration qui a fait rapidement réagir une nouvelle fois plusieurs responsables de la majorité. "Des propos abjects qui banalisent la violence. Des propos qui abîment le combat contre les violences faites aux femmes. Des propos qui vous discréditent totalement sur ce sujet", a déclaré la ministre en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes Isabelle Rome sur les réseaux sociaux.

"Taisez-vous, maintenant ! Ça suffit ! C’est à la justice de juger cette affaire. Vos propos font un tort considérable au combat pour la protection des femmes face aux violences", a commenté Marlène Schiappa, ministre en charge de l'économie sociale et solidaire et du monde associatif.

La militante féministe et conseillère EELV de Paris, Raphaëlle Remy-Leleu, s'est indignée sur le réseau social : "Ce que tu racontes avec les camarades insoumis depuis une semaine est insupportable. Ne parle plus des violences. Arrêtez au moins de nous faire souffrir."

A l'extrême droite, Julien Odoul du RN a évoqué un "naufrage", tandis que Gilbert Collard de Reconquête! estimait que "la hiérarchisation [des faits NDLR] est, en elle-même, insupportable!".

Face à la polémique, Manuel Bompard a publié une "mise au point" vendredi après-midi sur son compte Twitter. "Je n'ai jamais dit, ni pensé, qu'une gifle n'était pas grave. C'est un fait grave et inacceptable et je l'ai rappelé ce matin dans mon propos. Je rappelle seulement des principes fondamentaux en droit : proportionnalité de la peine (...) et individualisation des peines (...). Par conséquent, une gifle ne sera pas sanctionnée aussi sévèrement que des coups répétés pendant des mois, voire des années. De même, une gifle n'est pas la même chose qu'un viol.", a-t-il notamment écrit.

Après avoir reconnu par communiqué avoir donné une gifle à son épouse, Adrien Quatennens a décidé de se mettre en retrait de ses fonctions de coordinateur au sein de son parti. Jean-Luc Mélenchon avait d'abord dénoncé dans un tweet "la malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux" et salué la "dignité" et le "courage" de la figure montante de LFI, lui redisant sa «confiance» et son "affection". Face au tollé, il avait ajouté dans un second tweet : "Une gifle est inacceptable dans tous les cas. Adrien l'assume. C'est bien".

Le parquet de Lille a ouvert une enquête à la suite du dépôt d'une main courante par Mme Quatennens. 
 

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