Affaire Mila : "Nous avons droit au blasphème", assure Emmanuel Macron

Affaire Mila : "Nous avons droit au blasphème", assure Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, le 5 février 2020 à l'Élysée.

, publié le mercredi 12 février 2020 à 07h48

Dans un entretien au Dauphiné libéré mercredi 12 février, le président estime que l'État "doit une protection" à l'adolescente menacée de mort après avoir violemment critiqué l'islam sur les réseaux sociaux.

L'affaire Mila, du nom de cette adolescente de l'Isère qui dû quitter son lycée après avoir été menacée de mort sur les réseaux sociaux en raison de propos hostiles à l'islam, a agité les esprits jusqu'à l'Élysée. 




La polémique avait fait irruption dans la sphère politique après des déclarations de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, selon laquelle l"insulte à la religion" est "une atteinte à la liberté de conscience", propos dont elle a regretté plus tard "l'inexactitude". 

"Dans ce débat, on a perdu de vue que Mila est une adolescente", a de son côté estimé Emmanuel Macron dans un entretien au Dauphiné libéré et aux journaux du groupe Ebra. "On lui doit donc une protection à l'école, dans sa vie quotidienne, dans ses déplacements. L'État a pris ses responsabilités", a-t-il ajouté en référence à la solution de rescolarisation annoncée le 6 février par le ministre de l'Éducation nationale. Selon le chef de l'État, les enfants doivent "être mieux protégés" contre les "nouvelles formes de haine et de harcèlement en ligne".

"Je sépare cet impératif de la question sur la critique des religions. La loi est claire : nous avons droit au blasphème, à critiquer, à caricaturer les religions", a souligné Emmanuel Macron. "L'ordre républicain n'est pas l'ordre moral", a-t-il insisté, avant de préciser : "Ce qui est interdit, c'est l'appel à la haine, l'atteinte à la dignité".

Emmanuel Macron avait déjà évoqué "la liberté de blasphème" lors d'un déplacement au festival de la bande dessinée d'Angoulême, le 30 janvier : "Dans notre pays la liberté d'expression est protégée, dans ce pays et il y en a peu dans le monde, la liberté de blasphème est protégée, de critiquer les dirigeants, de les railler et ça c'est un trésor". "Il faut relire Voltaire", a de son côté estimé Brigitte Macron mercredi sur RTL, rappelant que l'on pouvait parler de tout, tout en faisant attention à la manière dont on parlait. 

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