Affaire Matzneff : scène surréaliste en plein Conseil de Paris

Affaire Matzneff : scène surréaliste en plein Conseil de Paris
©Panoramic

publié le vendredi 24 juillet 2020 à 18h10

Vendredi 24 juillet, c'est une scène pour le moins surprenante qui s'est tenue au beau milieu du Conseil de Paris. Alors que les membres de l'assemblée applaudissaient le départ digne de Christophe Girard, une élue écologiste a commencé à crier « la honte », mais le son a été coupé.

Les tensions ont été très vives au Conseil de Paris vendredi 24 juillet. Il a été le lieu de fortes oppositions entre les pro et anti Christophe Girard, l'adjoint à la mairie de Paris forcé de quitter son poste pour son implication supposée dans l'affaire Matzneff. Si certains ont applaudi son départ, la tête haute, d'autres ont tenté de faire entendre leur mécontentement, en vain.



Le préfet de Paris Didier Lallement a tenu à rendre un dernier hommage au désormais ex-adjoint. « Je voudrais adresser un salut républicain à Monsieur Christophe Girard qui m'a donné hier une grande leçon de dignité. Je veux saluer l'homme, mais je ne parle pas de politique, je ne suis pas là pour ça », a-t-il souligné.

Alors qu'une vague d'applaudissements a commencé à s'emparer de l'hémicycle, l'élue écologiste Alice Coffin a tenté de s'opposer à cet ultime hommage. « Je viens d'exploser en plein Conseil de Paris. À la demande du préfet Lallement quasi toute l'assemblée s'est levée pour applaudir et rendre hommage à Christophe Girard. Je n'ai pu que hurler en boucle « la honte, la honte, la honte ». C'est terrible », raconte-t-elle sur son compte Twitter. Et pour cause, le son a été coupé pour ne pas entendre ses paroles.



Anne Hidalgo monte au créneau

Le cas Christophe Girard suscite la polémique depuis plusieurs jours. Adjoint à la Culture de la maire de Paris, il est également entendu en tant que témoin dans l'enquête pour viols sur mineur qui concerne l'écrivain controversé Gabriel Matzneff. Faisant notamment face à une vague d'indignation venant des écologistes, il a fini par démissionner.

Un choix que n'a pas digéré Anne Hidalgo. « Nous allons demander des excuses à nos partenaires écologistes, non pas sur leur mobilisation que nous respectons mais sur les excès, y compris dans les manifestations », a-t-elle annoncé sur franceinfo. Sur son compte Twitter vendredi 24 juillet, elle a aussi répondu aux multiples banderoles ayant été déployées la veille dans la capitale. « Je déférerai devant les tribunaux les graves injures publiques qui ont été dirigées contre la mairie de Paris », a-t-elle promis.



Concernant l'incident au Conseil de Paris, la maire estime que les élues écologistes ayant tenté de s'opposer à cet hommage à Christophe Girard « se placent ainsi d'elles-mêmes en dehors de la majorité municipale et des valeurs qui nous rassemblent ». « J'exprime toute mon affection et mon soutien à mon ami Christophe Girard, victime d'un déversement de haine et de violence inacceptable et qui, je le rappelle, n'est ni de près ni de loin visé par la moindre plainte », rajoute-t-elle sur Twitter.

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