Affaire Karachi : Edouard Balladur sera jugé en janvier

Affaire Karachi : Edouard Balladur sera jugé en janvier
Edouard Balladur, à Paris, en 2011

, publié le jeudi 27 août 2020 à 18h55

Selon le tribunal correctionnel de Paris, entre six et dix millions de francs étaient arrivés illégalement sur le compte de campagne de l'ex-patron de Matignon, à l'époque où il visait l'accession à l'Elysée.

Edouard Balladur sera jugé du 18 janvier au 19 février par la Cour de justice de la République (CJR) dans le volet financier de l'affaire Karachi, pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, a appris jeudi 27 août de source judiciaire. 

Âgé de 91 ans, l'ancien Premier ministre est renvoyé pour "complicité d'abus de biens sociaux" et "recel" de ces délits. Son ancien ministre de la Défense François Léotard comparaîtra à son côté pour "complicité" devant la CJR, une juridiction controversée et la seule habilitée à juger des infractions commises par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.  L'ancien Premier ministre et ex-candidat à la présidentielle de 1995 avait contesté jusqu'au bout son renvoi devant la CJR, mais la Cour de cassation avait rejeté en mars ses derniers recours, ouvrant la voie à ce procès. 

Dans le volet financier mais non gouvernemental de la tentaculaire affaire Karachi, le tribunal correctionnel de Paris a durement sanctionné le 15 juin dernier les anciens proches d'Edouard Balladur, pour leur rôle dans un système de commissions occultes sur des contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Pour les juges correctionnels, certains des proches de l'ex-Premier ministre ne pouvaient ignorer "l'origine douteuse" des fonds versés sur le compte de la campagne présidentielle de 1995 et issus de rétrocommissions illégales. Le tribunal correctionnel a estimé qu'entre six et dix millions de francs ont atterri illégalement sur le compte de campagne d'Edouard Balladur.

L'affaire Karachi doit son nom à l'attentat du 8 mai 2002 qui avait fait quinze morts, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals (ex-DCN) qui travaillaient à la construction d'un des sous-marins Agosta vendus au Pakistan.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.