Affaire Fillon : ce qui incrimine l'ancien Premier ministre

Affaire Fillon : ce qui incrimine l'ancien Premier ministre
François et Penelope Fillon au meeting du candidat, le 9 avril 2017.

, publié le dimanche 16 septembre 2018 à 08h00

Avec les preuves accumulées par la justice, la menace d'un procès est imminente pour François Fillon.

L'affaire Fillon n'est pas encore terminée.

Après vingt mois d'enquête, la justice aurait rassemblé un grand nombre d'éléments contre François Fillon, mis en cause dans l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme, Penelope Fillon. Dans son édition du 16 septembre, Le Journal du Dimanche révèle le contenu des procès-verbaux.



Indices, documents, témoignages... Selon le JDD, la clôture du dossier d'instruction étant imminente, François Fillon ne serait maintenant plus très loin d'un procès devant le tribunal correctionnel. Mis en cause dans l'affaire des emplois contestés de son épouse, l'ex-Premier ministre a été entendu une dernière fois par Serge Tournaire, le juge d'instruction, le 7 septembre dernier, pour "récapituler les soupçons de détournement de fonds publics retenus à son encontre", rapporte le journal.



Des déclarations contradictoires

Mais certaines déclarations de l'ancien candidat à l'élection présidentielle font tiquer les enquêteurs. Lors d'une précédente audition, le 29 mai 2017, François Fillon a été interrogé sur le rôle et les missions effectuées par Penelope Fillon, employée comme attachée parlementaire, l'un des emplois présumé fictif, entre 1986 et 2013. Il évoque alors des "rapports écrits" par sa femme sur des thèmes comme "la situation économique de la Sarthe", "le rôle des élus locaux" ou "l'aménagement du bocage sabolien".

L'ancien Premier ministre avait également ajouté que, les archives de parlementaire étant détruites chaque année, ces documents "n'ont pas été conservés". Mais lors de la dernière audition, le 7 septembre dernier, François Fillon a pourtant livré une version contradictoire, déclarant : "Le mode de fonctionnement de mon épouse dans l'équipe était pour l'essentiel oral", a-t-il expliqué aux juges selon Le Journal du Dimanche.

"Pour Penny", la note qui intrigue les enquêteurs

Si François Fillon détaille les missions de sa compagne, rares sont les proches et les collaborateurs qui en ont fait autant. "Un organigramme intitulé 'Organisation sphère François Fillon', saisi dans son bureau au Palais-Bourbon, ne mentionne même pas le nom de Penelope", rapporte le JDD. "Par discrétion, elle n'a jamais voulu mettre en avant son statut", a, de son côté, justifié l'ancien député de la Sarthe devant les enquêteurs.

Mais un autre élément a troublé les enquêteurs. Ces derniers ont découvert, dans l'ordinateur de Penelope Fillon, une note intitulée "pour Penny". Datée de fin janvier 2017, soit juste après les révélations du Canard enchaîné, elle aurait été rédigée par la secrétaire de son mari. Dans cette note, les emplois occupés par Penelope Fillon auprès de son mari sont énumérés à la première personne : "Juin 1997. Je commence à travailler en étant rémunérée par François, jusque-là, c'était de façon informelle", peut-on, par exemple, lire. Une note que la compagne de François Fillon n'a "pas le souvenir" d'avoir écrit, a-t-elle déclaré aux enquêteurs.

"La Revue des deux mondes" intrigue

Les enquêteurs tentent également de vérifier l'emploi de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes de 2012 à 2013 pour 3.900 euros net mensuels. Alors qu'elle ne s'y est jamais rendu et qu'elle a elle-même reconnu ne pas avoir rencontré les dirigeants de l'entreprises, le contrat de la compagne de François Fillon mentionnait pourtant qu'elle était chargée d'une "mission de réflexion" sur l'avenir de la publication.

Lors d'une perquisition, les policiers ont mis la main sur un numéro de la publication comportant deux notes sur "la relance de la RDDM" et "des éléments de langage" pour justifier son emploi, selon le juge d'instruction. "Ce n'est pas moi qui ai écrit ces notes. Cet exemplaire était bien dans notre bibliothèque, mais je ne l'ai pas ouvert et je n'ai pas vu qu'il y avait des notes à l'intérieur", a nié Penelope Fillon.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.