Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy sera jugé en appel fin 2022

Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy sera jugé en appel fin 2022©FRANCK FIFE / AFP

publié le lundi 24 janvier 2022 à 15h50

L'ancien président Nicolas Sarkozy avait été condamné en première instance, le 1er mars 2021, à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption et trafic d'influence, une décision sans précédent pour un ancien chef de l'Etat.

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert, à nouveau devant la justice. Le procès en appel dans l'affaire dite des "écoutes" se tiendra du 28 novembre au 14 décembre, a décidé la cour d'appel de Paris lundi 24 janvier.



Pour rappel, Nicolas Sarkozy avait été condamné en première instance, le 1er mars 2021, à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption et trafic d'influence, une décision sans précédent pour un ancien chef de l'Etat.

L'ex-président a toujours affirmé n'avoir jamais commis "le moindre acte de corruption". Dès l'annonce de son jugement, il avait immédiatement annoncé qu'il allait faire appel, tout comme Thierry Herzog et Gilbert Azibert, condamnés à la même peine, assortie d'une interdiction d'exercer de cinq ans pour le premier.

Leur procès en appel est prévu sur neuf journées entières ou demi-journées, les 28, 29 et 30 novembre, ainsi que les 5, 6, 7, 12, 13 et 14 décembre, a-t-il été décidé lors d'une audience de procédure.

En première instance, la défense avait plaidé à l'unisson la relaxe

Dans cette affaire née en 2014 d'interceptions téléphoniques, également appelée affaire "Bismuth", le tribunal correctionnel avait estimé qu'un "pacte de corruption" avait été conclu entre Nicolas Sarkozy, son avocat et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert.

Les juges avaient considéré que l'ex-président s'était rendu coupable de corruption, en promettant d'appuyer la candidature de Gilbert Azibert pour un poste de prestige à Monaco, en échange d'informations privilégiées, voire d'une influence sur un pourvoi en cassation qu'il avait formé.

Lors du procès en première instance, la défense s'était insurgée contre un dossier basé sur des "fantasmes" et des "hypothèses" et avait plaidé à l'unisson la relaxe.

Elle avait fait valoir qu'in fine, Nicolas Sarkozy n'a pas eu gain de cause devant la Cour de cassation et que Gilbert Azibert n'a jamais obtenu de poste à Monaco. Selon la loi, il n'est cependant pas nécessaire que la contrepartie ait été obtenue, ni que l'influence soit réelle, pour caractériser les délits de corruption et de trafic d'influence.

Nicolas Sarkozy s'était dit victime d'une "injustice profonde" et avait assuré qu'il se "(battrait) jusqu'au bout pour que la vérité triomphe".

Retiré de la vie politique depuis 2016 mais toujours populaire à droite, l'ex-chef de l'Etat sera également rejugé dans l'affaire Bygmalion après avoir fait appel de sa condamnation en septembre à un an de prison ferme pour financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012.

Il n'est certainement pas le seul à avoir des démêlés judiciaires. Vendredi 21 janvier, quatre anciens proches de Nicolas Sarkozy, dont l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, ont été condamnés à un an d'emprisonnement dont huit mois ferme avec un mandat de dépôt dans l'affaire des sondages de l'Elysée.

Claude Guéant va cependant faire appel, a indiqué à l'AFP son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi, ce qui entraîne la suspension de cette peine ainsi que du mandat de dépôt différé, selon une source judiciaire.

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