Affaire des écoutes : ce que les juges reprochent à Nicolas Sarkozy

Affaire des écoutes : ce que les juges reprochent à Nicolas Sarkozy

ARCHIVE. Soupçonnant être écouté, Nicolas Sarkozy s'était procuré un deuxième téléphone, au nom de Paul Bismuth.

leparisien.fr, publié le vendredi 30 mars 2018 à 15h26

Au moment de sa révélation, l'affaire des écoutes avait éclaboussé jusqu'au gouvernement de François Hollande. Elle s'est depuis recentrée sur les faits qui concernent exclusivement Nicolas Sarkozy.

Les écoutes contestées de Nicolas Sarkozy par la justice avaient conduit, le 2 juillet 2014, à une mise en examen historique de l'ex-président de la République. Initialement surveillé pour des soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi, l'ex-chef de l'Etat aurait eu des conversations avec son avocat qui l'impliquent dans une autre affaire : celle d'un « trafic d'influence » présumé pour lequel il vient d'être renvoyé devant le tribunal correctionnel, huit jours après avoir été, par ailleurs, mis en examen dans l'affaire du présumé financement libyen.

Sarkozy, alias « Paul Bismuth »Dans l'affaire dite des « écoutes », les enquêteurs estiment que l'analyse des discussions tenues en 2014 avec son avocat, Me Thierry Herzog, révèle que Nicolas Sarkozy se serait discrètement renseigné sur l'affaire Bettencourt, dans laquelle il était également cité, qui s'est finalement soldée par un non-lieu. A l'époque, l'objectif était d'obtenir des informations par Gilbert Azibert, avocat général à la Cour de cassation. Ce juge, un proche de Me Herzog, aurait en échange demandé à l'ancien chef de l'Etat de jouer de ses relations pour lui faire obtenir un poste à Monaco. En vain toutefois.

Soupçonnant être écouté, Nicolas Sarkozy s'était par ailleurs procuré un deuxième téléphone, acheté par Me Herzog, au nom du fameux « Paul Bismuth ». Un personnage qui existe vraiment puisqu'il s'agit d'un ancien camarade de lycée de l'avocat, mais qui n'a a priori rien à voir avec l'affaire. Promoteur immobilier à Tel-Aviv au moment de la révélation de l'affaire, avait confié espérer « retrouver son anonymat », alors que son nom et son visage tournaient en boucle sur les chaînes d'informations.

Une « affaire d'Etat », pour la gauche aussiCette affaire avait alors eu tant de retentissements qu'elle avait impacté le jeu politique de l'UMP (ancien nom du parti Les Républicains) au PS. Un scandale impliquant par effet boule de neige le gouvernement de François Hollande et devenant une affaire d'Etat dont tous attendaient de voir si elle aurait une incidence sur les municipales 2014.

A gauche, on reprochait à l'opposition d'avoir créé une « affaire dans l'affaire » pour faire oublier le fond du scandale, la présumée corruption d'un juge. En effet, l'« affaire Sarkozy » était devenue un temps l'« affaire Taubira ». Le 10 mars, la garde des Sceaux déclarait tambour battant qu'elle n'avait pas eu d'information sur les écoutes avant les révélations du journal Le Monde. Or cette dernière avait elle-même brandi des documents qui semblaient prouver le contraire. Quelques jours plus tard, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault reconnaissait d'ailleurs la connaissance des écoutes, et Christiane Taubira était obligée de s'expliquer.

A droite, les soutiens de Nicolas Sarkozy, redevenu à cette époque chef de parti, dénonçaient un acharnement pour empêcher son retour. Depuis, l'ex-président œuvre en coulisses de la droite mais n'a pas pu retrouver l'Elysée. La Justice, elle, ne l'a pas oublié... « Il a dix ans d'enfer devant lui », s'inquiétait cette semaine un fidèle auprès du Parisien.

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