Affaire Benalla : "Ce qu'on lisait dans la presse, on l'ignorait", assure un ancien conseiller d'Emmanuel Macron

Affaire Benalla : "Ce qu'on lisait dans la presse, on l'ignorait", assure un ancien conseiller d'Emmanuel Macron
Alexandre Benalla, le 16 juillet 2018 à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle.

, publié le dimanche 19 juillet 2020 à 12h45

L'ex-plume d'Emmanuel Macron Sylvain Fort a affirmé dimanche sur Europe 1 que ni l'Elysée, ni le chef de l'Etat n'étaient au courant des agissements de l'ancien chargé de mission.

Engagé auprès d'Emmanuel Macron dans l'aventure En Marche dès 2016, Sylvain Fort est par la suite devenu son directeur de la communication et sa plume à l'Elysée, de mai 2017 à janvier 2019. Ce normalien de 48 ans a donc traversé avec lui l'une des crises majeures de la première partie de son quinquennat : l'affaire Alexandre Benalla.




Comme une bonne partie de l'équipe du président, Sylvain Fort connaissait "très bien" l'ancien chargé de mission de l'Elysée, filmé en train de violenter un manifestant le 1er mai 2018 à Paris, habillé d'une tenue de policier, et dont les images dévoilées le 18 juillet 2018 ont créé un véritable séisme en macronie. "On est tous surpris par cette crise, qui est en fait une crise qui commence petit et qui finit gros", s'est souvenu dimanche 19 juillet sur Europe 1 l'ancienne plume. 

"Je dis 'c'est petit', mais c'est très grave. Mais c'est ponctuel, c'est un événement qui se sanctionne et qui est sanctionné à ce moment-là (l'Elysée a été informée dès le lendemain et a mis à pied Alexandre Benalla pour 15 jours, avec rétrogradation de ses fonctions, ndlr). Mais ça finit gros parce qu'ensuite, les événements se déploient", a-t-il rappelé.

"L''affaire Benalla' ce n'est pas une affaire, c'est un roman"

"Enormément de faits qu'on ignorait sont révélé, énormément d'initiatives, je pense au coffre-fort, toutes ces choses absolument rocambolesques, viennent enrichir la chronique. L''affaire Benalla' ce n'est pas une affaire, c'est une histoire, c'est un roman qui vient percuter le quinquennat. On se rend compte qu'un individu a usurpé un certain nombre de prérogatives et s'est cru autorisé à prendre un certain nombre d'initiatives du fait de son appartenance à la présidence de la République", a rappelé M. Fort.

Dans les mois qui ont suivi, d'autres affaires ont mis en cause le jeune homme de 28 ans, notamment celle dite des "passeports diplomatiques" et celle des "contrats russes", révélant de sérieux dysfonctionnements au sein de la présidence de la République. Pour autant, Sylvain Fort l'assure : l'Elysée, et le président de la République lui-même, n'étaient pas au courant de ses agissements. "Ce qu'on lit à ce moment-là dans la presse, ce qu'on découvre dans les articles successifs, on l'ignorait", a-t-il martelé. 

Benalla "a su se rendre utile"

Quelques jours après la diffusion de la vidéo, Emmanuel Macron était sorti du silence en assurant devant les parlementaires de La République en marche : "le seul responsable c'est moi". "C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C'est moi qui ai confirmé la sanction", avait-il rappelé, expliquant avoir ressenti les actes de son collaborateur comme une "trahison". 

Le signe selon beaucoup d'une affection certaine du président envers le jeune homme. "Je ne parlerai pas d'affection", a temporisé Sylvain Fort ce dimanche. "Je pense qu'Alexandre Benalla avait su se rendre utile (...) Il avait compris qu'il y a des trous dans la raquette", a-t-il détaillé, avant de citer un exemple concret. "Mme Macron a des enfants et des petits-enfants, qui ne bénéficient pas d'une protection policière particulière, mais sont évidemment des cibles. Alexandre Benalla l'avait compris, et rendait ce service, ce qu'aucun agent de l'Elysée ne faisait". "Quand vous quelqu'un qui vous protège d'un certain nombre de risques, notamment privés, et qui le fait discrètement, efficacement et sans compter ses heures, il devient non seulement utile, mais indispensable", a-t-il conclu. 

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