Affaire Baupin : ouverture d'une enquête préliminaire

Affaire Baupin : ouverture d'une enquête préliminaire
Denis Baupin le 2 décembre 2015.

Orange avec AFP, publié le mardi 10 mai 2016 à 12h00

Au lendemain des révélations dans la presse sur des faits d'agressions et de harcèlements sexuels de la part du député écologiste, le parquet de Paris a annoncé ce mardi avoir ouvert une "enquête préliminaire confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne".

Lundi 9 mai, plusieurs élues écologistes , dont la porte-parole Europe-Écologie Les Verts Sandrine Rousseau, dénonçaient dans une enquête menée par Mediapart et France Inter, des comportements de "harcèlement" ou d'"agression sexuelle" de la part de Denis Baupin, entre gestes déplacés, SMS indécents et baisers forcés.

S'il conteste les faits, le député écologiste a démissionné de son poste de vice-président de l'Assemblée afin "de pouvoir assurer sa défense". Ce dont il pourrait avoir besoin rapidement.

À la suite de ces révélations, le parquet de Paris a annoncé ce mardi 10 mai avoir ouvert une enquête préliminaire. "L'enquête va s'attacher à recueillir les témoignages des victimes présumées qui se sont exprimées dans les médias, à vérifier les dates et lieux de la commission des faits allégués et à entendre tout témoin utile", détaille le parquet dans un communiqué, précisant qu'à ce stade "aucune plainte relative à ces faits n'a été reçue au parquet". Les "allégations" parues dans la presse portent "sur des faits susceptibles d'être qualifiés d'agressions sexuelles, harcèlements sexuels, appels téléphoniques malveillants", ajoute-t-il. L'enquête est confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).



Denis Baupin "prend acte" de l'ouverture d'une enquête préliminaire un peu plus tôt dans la matinée, et "coopérera bien entendu avec les institutions et le parquet", a déclaré son avocat, Me Emmanuel Pierrat, dans un communiqué. L'avocat a annoncé par ailleurs qu'il déposait plainte pour "diffamation publique à l'encontre des journalistes signataires et des directeurs de la publication de Mediapart et de France Inter".



Après les révélations de la presse, le parti Europe Écologie-Les Verts que Denis Baupin a quitté il y a trois semaines, a salué le "courage" des victimes qui se sont exprimées et espéré qu'il serait "contagieux". Sandrine Rousseau, a lancé un "appel" à témoignages non prescrits. "S'il y a des femmes, qu'elles n'hésitent pas, on sera là en soutien, nous pour lesquelles les faits sont prescrits", a-t-elle déclaré. La prescription est en principe de trois ans pour les délits, dont les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel.

Si d'autres témoignages venaient à paraître, les choses pourraient se corser pour le député que personne, hormis son épouse ce mardi matin, n'a défendu. "C'était très, très connu dans le parti", a assuré à l'AFP un collaborateur des députés écologistes. Pour Noël Mamère, le fait que le parti soit déjà "fragilisé" a peut-être poussé les victimes à rester silencieuses. Le conseiller de Paris - M. Baupin l'a été jusqu'en 2014 - Yves Contassot dit même avoir été "au courant" d'"un comportement disons un peu lourdingue avec les femmes".

S'il était reconnu coupable par la justice, Denis Baupin pourrait risquer jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende affirme ce mardi matin dans Le Point l'avocate et fondatrice de l'association avocats, femmes et violences Maître My-Kim Yang-Paya. "Seules l'audition des victimes et la concordance des témoignages de l'ensemble de plaignantes permettront de faire avancer le dossier. L'entourage a aussi un rôle à jouer. Le principe est simple : c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre" affirme-t-elle.

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