Adrien Quatennens accusé de violences : il "conteste les déclarations de Céline Quatennens", selon son avocat

Adrien Quatennens accusé de violences : il "conteste les déclarations de Céline Quatennens", selon son avocat
Adrien Quatennens, le 10 septembre 2022 à Brétigny-sur-Orge.

publié le mercredi 23 novembre 2022 à 21h21

Par la voix de son avocate, le député LFI Adrien Quatennens "conteste les déclarations" de son épouse Céline Quatennens, évoquant des "accusations mensongères qu'il dément absolument", a indiqué Me Jade Dousselin ce mercredi 23 novembre dans un communiqué.

Céline Quatennens, épouse d'Adrien Quatennens, a accusé le député LFI notamment de "violences physiques et morales" ce mercredi 23 novembre. L'intéressé "dément catégoriquement", selon son avocate dans un communiqué posté sur Twitter.



"Mon client conteste les déclarations de Céline Quatennens" et est "aujourd'hui contraint de répondre publiquement par ma voix aux accusations mensongères qu'il dément absolument", a indiqué Me Jade Dousselin.


Sur BFMTV, l'avocate a précisé que son client "ne va pas porter plainte contre sa femme" pour diffamation". Selon elle, Adrien Quatennens "sera condamné", "il n’y a pas de débat".

A la mi-journée, Céline Quatennens a fait part dans un communiqué de "plusieurs années" de "colères", "crises" et "violences physiques et psychologiques" de la part de son époux.

"Cela fait plusieurs années que je subis ses colères, ses crises, des violences physiques et morales. Au cours de ces dernières années, j'ai voulu le divorce à trois reprises, à chaque fois sous la pression je suis revenue en arrière", a assuré Céline Quatennens dans un communiqué dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par son avocat.

L'entourage d'Adrien Quatennens s'est pour sa part dit étonné "que cette déclaration arrive maintenant alors que pendant deux mois Céline Quatennens a été entendue à plusieurs reprises et a pu dire ce qu’elle avait à dire aux enquêteurs". "Malgré toutes ses auditions, n’ont été retenus par le parquet que les éléments reconnus par Adrien Quatennens, dans le cadre de tensions mutuelles", a-t-il souligné. Cette déclaration "intervient dans le cadre d’une procédure de divorce à l’amiable mais qui n’avance pas, avec des demandes exorbitantes de Madame Quatennens en matière de compensations financières et de garde d’enfant", a relevé également l'entourage du député.

"Je ne peux rester dans le silence", affirme Céline Quatennens 

Dévoilée par le Canard Enchaîné, qui avait fait état d'une main courante déposée par Céline Quatennens, cette affaire a provoqué mi-septembre un séisme à La France insoumise. Adrien Quatennens, un très proche de Jean-Luc Mélenchon et l'un des favoris à sa succession, s'est mis en retrait de sa fonction de coordinateur politique et n'a plus reparu à l'Assemblée depuis. Dans un long communiqué le 18 septembre, l'élu de 32 ans évoquait notamment "des disputes" depuis l'annonce par sa femme de sa volonté de divorcer, précisant par exemple lui avoir "saisi le poignet" au cours de l'une d'elles. Il admettait aussi lui avoir "donné une gifle", il y a "un an", "dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle".

"Face aux déclarations de Monsieur Quatennens arguant médiatiquement 'd'une seule gifle dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle', je ne peux rester dans le silence face à des propos que j'estime mensongers", a développé Céline Quatennens dans son communiqué. Elle a dénoncé "une version très personnelle" de l'élu et assuré prendre la parole "contre son gré" mais pour "rééquilibrer les choses". "Il m'est désagréable que mon mari minimise les faits publiquement en jetant le discrédit sur ma personne", a-t-elle ajouté.

Côté judiciaire, Adrien Quatennens est convoqué à Lille le 13 décembre, devant un procureur à huis clos, dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, parfois dite "plaider-coupable"). Il y répondra des seuls faits de la gifle et des SMS envoyés après leur séparation "dont l'absence de caractère malveillant avait déjà été reconnue", selon son avocate Me Jade Jousselin.

Son retour à l'Assemblée nationale "impossible", selon Olivier Faure

Parallèlement, La France insoumise, dont aucun membre n'avait répondu mercredi à la mi-journée aux sollicitations de l'AFP, réfléchit ouvertement à son retour au Palais Bourbon, sans en remettre en cause le principe mais en affectant la plus grande prudence dans la manière de procéder. "Nous travaillons collectivement aux modalités et au calendrier du retour d'Adrien Quatennens" à l'Assemblée nationale, avait indiqué la semaine dernière à l'AFP Manuel Bompard, patron officieux du parti. Adrien Quatennens n'est désormais plus en arrêt maladie et a exprimé son souhait de revenir, selon plusieurs députés insoumis.

Un retour à l'Assemblée "désormais impossible", juge au contraire le patron du PS Olivier Faure, un allié majeur de LFI au sein de l'alliance de gauche Nupes. Selon lui, "notre devoir est de dire" à Céline Quatennens "que nous accueillons sa parole et la croyons".



"Il n'avait déjà plus sa place dans notre hémicycle. A la justice maintenant de se prononcer. Ça ne se règle pas devant un tribunal Insoumis", a tweeté Aurore Bergé, cheffe de file des députés Renaissance.


La députée écologiste et également membre de la Nupes Sandrine Rousseau a, elle, souligné mercredi la nécessité de "respecter et entendre la parole des femmes". "Adrien Quatennens ne peut plus siéger à l'Assemblée nationale", a-t-elle estimé.


"Victime on te croit. Soutien à toutes les victimes des violences masculines. #QuatennensDémission", a tweeté ce mercredi l'association Osez le féminisme.

La cheffe des députés RN Marine Le Pen a quant à elle estimé sur CNews que "la France insoumise devrait exclure Adrien Quatennens du groupe. Après, à titre individuel, Adrien Quatennens devrait démissionner, je le crois, de son mandat. Quitte à se représenter devant les électeurs".

"Tout le monde doit respecter la parole de Céline Quatennens", a commenté mercredi la députée LFI Raquel Garrido, en assurant que "le groupe parlementaire n'avait jamais dit qu'il fallait un retour rapide d'Adrien Quatennens".

Dans la soirée, le groupe LFI a annoncé que le député ne participera pas aux activités de son groupe politique à l'Assemblée jusqu'à ce que la justice ait rendu sa décision. "Nous souhaitons que la procédure judiciaire en cours se poursuive jusqu’à son terme. Une fois la décision de justice rendue, notre groupe décidera collectivement des suites à donner en son sein", explique le groupe parlementaire. "Jusque-là" le député du Nord "ne participera pas à l’activité de notre groupe parlementaire", poursuit-il dans un communiqué.

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