Accusée de harcèlement moral, la sénatrice EELV Esther Benbassa a été exclue de son groupe parlementaire

Accusée de harcèlement moral, la sénatrice EELV Esther Benbassa a été exclue de son groupe parlementaire
La sénatrice Esther Benbassa, en mars 2016.

publié le mercredi 15 septembre 2021 à 09h35

L'élue a déploré une décision prise "sans transmission de pièces à charge ou à décharge, sans audition de témoins ou de victimes présumées, en violation des dispositions du règlement intérieur du groupe et du principe de présomption d'innocence".

Accusée de harcèlement moral à l'encontre de ses collaborateurs, la sénatrice EELV Esther Benbassa a été exclue par son groupe parlementaire. "Après avoir entendu la sénatrice et en conformité avec leur règlement intérieur, les sénateur.trice.s ont décidé d'exclure Esther Benbassa du groupe parlementaire à compter du 15 septembre", a annoncé le groupe Ecologiste, Solidarité et Territoires, dans un communiqué diffusé mardi 14 septembre.



"Madame Benbassa n'a pas contredit une partie des témoignages et elle n'a, à ce jour, pas jugé opportun de porter plainte en diffamation contre ces accusations", fait-il valoir pour justifier sa décision. Vice-présidente du groupe, elle s'était mise en retrait depuis début juillet.



Les sénateurs du groupe "regrettent que la justice ne soit pas saisie pour des faits d'une telle nature" mais "ne remettent pas en cause (les) témoignages (des collaborateurs, ndlr) et prennent toute la mesure des difficultés que représentent souvent l'engagement de poursuites judiciaires". Ils "réitèrent tout leur soutien à celles et ceux qui ont témoigné d'une grande souffrance au travail", continuent "de travailler sur la prévention du harcèlement moral et sexuel au travail", et mènent "une réflexion plus large sur le sujet avec les élu.e.s, les collaborateur.trice.s et les syndicats".

Dans un communiqué distinct, Esther Benbassa a fait part de son "exclusion" du groupe et associe cette décision à un "simulacre de procédure interne" et à une "sommation de répondre aux accusations anonymes relayées par un article de presse". La décision a été prise "sans transmission de pièces à charge ou à décharge, sans audition de témoins ou de victimes présumées, en violation des dispositions du règlement intérieur du groupe et du principe de présomption d'innocence", déplore l'élue de Paris. Esther Benbassa indique s'être rendue devant le groupe le 9 septembre "non pas pour me justifier, puisque je ne suis condamnée de rien, mais pour m'expliquer, et réitérer mes excuses pour les maladresses et les erreurs".



Dans une enquête publiée début juillet, Mediapart rapporte les témoignages de huit anciens collaborateurs et six anciens étudiants que l'élue employait à l'École pratique des hautes études. Tous évoquent un climat de "terreur" instauré par la sénatrice, fait de pressions, de chantage à l'emploi et d'humiliations systématiques, souvent à l'occasion de mails, individuels ou collectifs, et de SMS consultés et retranscrits en partie par le site d'information. Conséquence de cette gestion, le turn-over des collaborateurs a été très important, puisque plus de 18 assistants parlementaires ont été employés en deux mandats, a décompté le média.

Dans un communiqué de "soutien aux victimes de harcèlement", le syndicat CGT des collaborateurs parlementaires avait souligné que "la profession, du fait de son lien avec la politique et les rapports de pouvoir, est bien souvent trop entachée par ce type de violence".
 

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