Accusé de complotisme, Jean-Luc Mélenchon dénonce un "buzz affligeant"

Accusé de complotisme, Jean-Luc Mélenchon dénonce un "buzz affligeant"
Jean-Luc Mélenchon, le 14 janvier 2021, à l'Assemblée nationale.

publié le lundi 07 juin 2021 à 11h20

Vivement critiqué depuis sa prédiction sur "un grave incident ou un meurtre" avant la présidentielle de 2022, le chef de la file de La France insoumise fustige "un bon coup monté à partir d'une phrase". 

"Les complotistes anticomplotistes sont de sortie." Au coeur de la polémique après ses propos dimanche 6 juin sur France Inter, au cours de laquelle il a évoqué les "graves incidents" ou les "meurtres" qui interviennent, selon lui, avant chaque élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des "propos ineptes".


"Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre", a affirmé le député des Bouches-du-Rhône dimanche dans l'émission Questions politiques (France Inter/Le Monde/Franceinfo). "Ca a été Merah en 2012 (auteur jihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban, notamment dans une école juive), ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs Elysées (en 2017, un jihadiste assassine le policier Xavier Jugelé), avant on avait eu Papy Voise (Paul Voise, un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002), dont plus personne n'a jamais entendu parler après. Tout ça, c'est écrit d'avance".

"Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau, nous aurons l'événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d'inventer une guerre civile, voilà, c'est bateau tout ca", a-t-il ajouté.

Une sortie qui a suscité une série de réactions indignées dans la classe politique, mais également chez les proches des victimes des attentats.

Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été tué par Mohammed Merad, a dénonçé des propos "inadmissibles", réclamant du "respect pour les victimes". Samuel Sandler, père et grand-père de victimes de Mohamed Merah a pris les propos de Jean-Luc Mélenchon "comme un crachat sur la tombe de sa famille", a fustigé son avocat sur BFMTV.  



Toujours sur la chaîne d'info, le mari de Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs-Élysées en avril 2017, a dénoncé des propos "incendiaires et irréfléchis". 

"Un mot monté en épingle"

Face à ce tollé, Jean-Luc Mélenchon a réagi sur les réseaux sociaux. "Les complotistes anticomplotistes sont de sortie. Ils nient que les assassins font leur coup au moment qui fait parler d'eux. Propos ineptes. À moins que ce soit pour les couvrir", a-t-il dénoncé sur Twitter. 



"Je vois que va recommencer le harcèlement dont j'ai déjà fait l'objet dans le passé : un mot monté en épingle par quelques gens influents et aussitôt la boucle s'enflamme, de Twitter aux chaînes d'info et ainsi de suite", a-t-il également déploré sur Facebook, estimant qu'il s'agissait d'un "buzz affligeant". 

"Ici, d'une émission d'une heure sur France Inter et France Info, ce ne sont ni les accidents du travail, ni les féminicides, ni les subventions aux religions, ni Biden, ni rien qui ressort : juste un bon coup monté à partir d'une phrase. En gros, je résume : quand Le Pen récupère l'émotion d'un crime pour faire sa propagande, c'est génial ; quand quelqu'un met en garde contre ce type de manipulation, c'est qu'il est complice avec les meurtriers. Ainsi en vient-on à nier cette évidence que les meurtriers attendent le meilleur moment pour faire parler d'eux", a-t-il ajouté, dénonçant "l'ère de la post-vérité". 



"La croisade anti-Mélenchon se poursuit"

Le leader de La France insoumise peut néanmoins compter sur le soutien des siens. Le candidat à la présidentielle "n'est pas complotiste" et visait par ces propos "l'extrême droite", a assuré lundi matin sur Cnews Clémentine Autain, tête de liste LFI aux régionales en Île-de-France.



"La croisade anti-Mélenchon se poursuit", a renchéri le numéro deux de LFI Adrien Quatennens dans un tweet, assurant que le leader du mouvement "dénonçait l'instrumentalisation, prévisible, écrite d'avance, de tels événements en période électorale".


Le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière a de son côté dénoncé "une polémique absurde", et sa collègue Danielle Obono a regretté que la "Macronie", l'extrême-droite et les médias "instrumentalisent ses propos sur l'instrumentalisation de crimes ou attentats".
 

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