Accusations de harcèlement au FN : Marine Le Pen envisage de porter plainte

Accusations de harcèlement au FN : Marine Le Pen envisage de porter plainte
La direction du parti serait restée sourde aux appels à l'aide de militantes.
A lire aussi

Orange avec AFP, publié le dimanche 05 novembre 2017 à 16h20

Selon une enquête du journal Le Monde, plusieurs collaboratrices du Front national (FN) affirment avoir saisi la justice pour des cas de harcèlement ou de violences au sein du parti. Ces femmes pointent également du doigt le silence de la direction à ce sujet.

Le trésorier du micro-parti "Jeanne", Axel Lousteau, - présenté comme un "homme de confiance" de Marine Le Pen - est nommément accusé par une ancienne collaboratrice du parti.

Selon des textos que Le Monde a pu consulter, celui-ci aurait proféré des menaces explicites à la militante qui travaillait, entre 2015 et 2016, au côté du président du groupe FN au conseil régional d'Île-de-France, Wallerand de Saint-Just.

UNE BALLE DE 9MM DEPOSÉE SUR SON BUREAU

Ces deux personnes auraient eu une relation avant que l'ex-collaboratrice ne prenne ses distances. C'est à ce moment-là que les menaces contre elle et sa famille auraient débuté : "Tu veux faire du mal à ma famille ? Je vais te prouver qu'à ce jeu-là, je suis redoutable", aurait-il écrit. Autres SMS révélés par Le Monde : "Sur tes parents, ce ne sont pas des menaces, c'est une promesse" ; "Tu crois que tu vas t'en sortir comme ça ? J'ai leur adresse".



Selon l'ex-militante, Axel Lousteau aurait également déposé une balle de 9mm sur son bureau en guise d'avertissement. Une balle retrouvée dans une poubelle des bureaux du conseil régional en juillet 2016 et qui a aussitôt déclenchée une enquête de police. "Il ne cesse de me menacer, moi et ma famille", a expliqué l'ex-collaboratrice du FN aux enquêteurs. "Il a opéré un vrai harcèlement moral afin que je ne puisse pas être embauchée".

MARINE LE PEN ENVISAGE DE PORTER PLAINTE CONTRE LE MONDE

Elle explique avoir fait part de ce harcèlement à plusieurs de ses supérieurs. Mais ces derniers se seraient murés dans le silence. En juillet dernier, c'est une conseillère régionale frontiste d'Île-de-France, Aurélie Cournet, qui avait porté plainte contre Pierre-Charles Cherrier, un de ses collègues et son ancien amant. Ce dernier l'aurait frappé en marge d'une séance plénière. Dans l'attente des conclusions de l'enquête, l'élu régional n'a été ni exclu ni suspendu du groupe FN. Son cas serait à l'étude au sein de la commission de discipline du parti.

Marine Le Pen a répondu sur ces affaires samedi en marge d'une conférence de presse : "Je ne suis pas conseiller conjugal des couples qui se quittent de façon plus ou moins sympathiques. Et je ne suis pas là non plus pour régler les problèmes des gens qui s'engueulent au sein du FN, a-t-elle lancé. Car si je faisais ça il me resterait peu de temps pour défendre la France et les Français".

"Ce n'est pas au Front national mais à la justice de régler ce genre de problème", a-t-elle ajouté. "Nous ne sommes pas des policiers et nous ne sommes pas des juges donc laissons la justice faire son travail". L'ancienne candidate à l'élection présidentielle "envisage de déposer une plainte" contre le journal.

"IL NE S'AGIT PAS DE HARCÈLEMENT"

"J'ai trouvé l'article du Monde profondément scandaleux", a-t-elle ajouté ce dimanche sur France 3. "Il ne s'agit pas de harcèlement, mais de séparations de deux couples qui se sont mal passées". Selon elle, ces affaires relèvent de la vie privée. "Dans un des deux cas, c'est même le trésorier d'un président du groupe du FN qui est allé au commissariat avec la jeune femme pour l'accompagner dans sa plainte".

"Peut-être est-ce pour détourner le regard des horreurs que l'on apprend sur l'ancien propriétaire du Monde Pierre Bergé, qui est accusé dans un livre, d'avoir autorisé des actes de pédophilie dans sa maison de Marrakech", a-t-elle ajouté. Un ex-amant de Yves-Saint-Laurent affirme dans un livre avoir assisté à des actes pédophiles impliquant le couturier et l'homme d'affaires.

Dans "L'Émission politique" le 19 octobre sur France 2, Marine Le Pen a une nouvelle fois a déploré le fait que les femmes désirant porter plainte pour harcèlement ou violences "ne sont pas accueillies comme elles devraient l'être".

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU