Accord LREM-LR aux régionales en Paca : l'acte de divorce entre deux droites "irréconciliables", selon Bruno Le Maire

Accord LREM-LR aux régionales en Paca : l'acte de divorce entre deux droites "irréconciliables", selon Bruno Le Maire
Bruno Le Maire à Paris, le 26 avril 2021.

publié le lundi 03 mai 2021 à 13h47

"Il y avait une séparation en 2017 et il y a désormais en 2021 un divorce", a estimé le ministre.

C'est la suite logique des prises de positions du 2e tour de l'élection présidentielle en 2017 : Les Républicains se déchirent une nouvelle fois après l'alliance entre la liste LR de Renaud Muselier et celle de Sophie Cluzel (LREM) pour les régionales en Paca. Cet accord entérine le "divorce" entre "deux droites irréconciliables", a estimé lundi 3 mai le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

Cette alliance scellée dès avant le premier tour, face au Rassemblement national, a suscité des réactions exaspérées du président de LR Christian Jacob, ou du président de la commission d'investiture du parti Eric Ciotti, mais est défendue par les maires de Nice Christian Estrosi, de Toulouse Jean-Luc Moudenc et Toulon Hubert Falco.

"Cet accord est l'acte de divorce définitif entre deux parties des Républicains qui étaient irréconciliables (....) depuis le deuxième tour de l'élection présidentielle de 2017, où certains ont refusé de choisir entre le Front national et Emmanuel Macron, et d'autres qui ont fait le choix de soutenir Emmanuel Macron", a estimé Bruno Le Maire, transfuge de LR, sur RTL.


"Ces deux lignes étaient irréconciliables, il y avait une séparation en 2017 et il y a désormais en 2021 un divorce", ce qui est "sain et naturel", a-t-il jugé. "Il y a ceux comme Renaud Muselier qui font le choix de la constance par rapport à la tradition républicaine de la droite, et puis il y en a d'autres qui vous expliquent que la seule différence entre le Front national et eux c'est la gouvernance", a-t-il dit en référence à Éric Ciotti qui a considéré vendredi que ce qui "différencie" le RN de LR, c'est "la capacité à gouverner". Il a aussi critiqué "ceux qui font alliance localement avec le parti de Nicolas Dupont-Aignan", c'est-à-dire le LR Gilles Platret en Bourgogne-Franche-Comté, et "ceux qui vous expliquent qu'en cas de duel Macron-Le Pen, ils ne choisiront pas entre les deux".

Sans aller jusqu'à parler de divorce, le patron des députés de la majorité Christophe Castaner a employé les mêmes termes de "deux droites irréconciliables", s'inspirant des "gauches irréconciliables" décrites par l'ex-Premier ministre Manuel Valls en 2016. Pour Christophe Castaner, il y a "une droite progressiste qui veut faire avancer le pays et une qui cherche à maintenir ses chapelles", a-t-il estimé sur France Inter.

Stanislas Guerini a critiqué sur franceinfo "les appareils politiques qui réagissent de façon épidermique" et ceux pour qui les régionales sont "la primaire de leur formation politique et déjà le premier tour de l'élection présidentielle".

Christophe Castaner a dit souhaiter d'autres alliances dans d'autres régions, mais Stanislas Guerini a jugé cette possibilité "peu probable" vu la proximité de la date butoir pour le dépôt des listes.

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