A Verdun, Jean Castex exhorte à "tirer les leçons de l'histoire" et épingle le "relativisme" d'une société qui oublie "ses devoirs" citoyens

A Verdun, Jean Castex exhorte à "tirer les leçons de l'histoire" et épingle le "relativisme" d'une société qui oublie "ses devoirs" citoyens
Le Premier ministre Jean Castex, le 4 juin 2021.
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publié le vendredi 02 juillet 2021 à 14h15

Le Premier ministre a également rendu un vibrant hommage à l'Europe dont l'idée "a peut-être vraiment germé au milieu de ce champ de bataille". 

105 ans après la bataille de Verdun, le Premier ministre Jean Castex s'est rendu dans la Meuse ce vendredi 2 juillet pour rendre hommage aux combattants français et allemands. Moins d'une semaine après des élections régionales marquées par une abstention record, le chef du gouvernement a salué le "sacrifice" de ces soldats et épinglé en parallèle le "relativisme général d'une société qui oublie parfois ses devoirs à l'égard de la vie de la Cité".



Là où 300.000 hommes au total ont péri entre le 21 février et le 18 décembre 1916, "ce n'était plus du sang français qui coulait, ce n'était plus du sang allemand, c'était tout simplement le sang mêlé de l'humanité", a déclaré le Premier ministre, relevant que cette bataille avait été "tout à la fois le creuset d'un formidable dépassement de soi et d'un processus historique de déshumanisation qui en annonçait d'autres, pire encore", avec la Seconde Guerre mondiale. "La résistance humaine fut poussée ici jusque dans ses derniers retranchements", a-t-il souligné.

"Plus que jamais, Verdun en appelle à l'obligation du souvenir car l'oubli engendre le désintérêt et du désintérêt naît l'indifférence", a poursuivi le chef du gouvernement qui s'exprimait de la nécropole de Douaumont, qui abrite les ossements de 130.000 soldats français et allemands. Devant un parterre de militaires mais aussi de jeunes volontaires du Service national universel (SNU), le Premier ministre a plaidé pour "garder le souvenir de leur sacrifice".

Une semaine après des élections régionales et départementales marquées par une abstention record, le Premier ministre a noté le grand écart, sans que ce soit "une fatalité", entre le "sacrifice de 'ceux de 14'" et le "relativisme général d'une société qui oublie parfois ses devoirs à l'égard de la vie de la Cité"



Exhortant à "tirer les leçons de l'histoire", Jean Castex a également souligné que c'était "ici, au milieu de ce champ de bataille, que la grande idée d'une Europe unie et pacifiée a peut-être vraiment germé", faisant ainsi écho à l'ambassadeur d'Allemagne en France Hans-Dieter Lucas qui avait assuré peu avant que "l'avenir heureux de ce continent résulte dans une Allemagne et une France unies et fortes".

Auparavant, le Premier ministre, accompagné de deux enfants, avait déposé une gerbe de fleurs et s'était recueilli devant le monument aux morts, à Verdun, sous les tambours de la Nouba du 1er régiment de tirailleurs d'Epinal. Aux côtés de la ministre aux Anciens combattants Geneviève Darrieusecq et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune il s'est ensuite rendu à la citadelle de Verdun. Dans les souterrains, ils sont montés à bord d'une nacelle pour une visite en réalité virtuelle, une reconstitution de la cérémonie du choix du soldat inconnu en 1920.
 

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