A Toulouse, les écologistes affichent leur volonté d'ouverture

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Le député européen EELV Yannick Jadot à l'ouverture des journées d'été des écologistes, le 22 août 2019 à Toulouse
Le député européen EELV Yannick Jadot à l'ouverture des journées d'été des écologistes, le 22 août 2019 à Toulouse
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© AFP, PASCAL PAVANI

AFP, publié le jeudi 22 août 2019 à 22h36

Plus de 2.000 participants, de nouveaux adhérents, un soleil radieux: les écologistes étaient aux anges jeudi pour l'ouverture de leurs journées d'été à Toulouse, affichant sans fard leurs ambitions et assumant vouloir, pour grandir, travailler avec d'autres, Insoumis compris.

Fort de son succès aux élections européennes de mai (13,5%), EELV effectue sa rentrée politique le vent en poupe et le moral gonflé à bloc. A l'image de son chef de file, Yannick Jadot, qui jeudi matin encore, a assuré sur BFM qu'il fallait "que l'écologie prenne le pouvoir" en 2022, "la grande chance de notre pays".

Chargée de l'organisation, Marine Tondelier a annoncé plus de 2.000 personnes à Toulouse, soit le double de l'an dernier à Strasbourg, dont nombre de nouveaux adhérents. EELV assure compter désormais un peu plus de 7.000 membres, contre un peu moins de 5.000 fin 2018.

Le secrétaire national d'EELV David Cormand a souligné dans son dernier discours dans cette fonction le "contraste saisissant" avec les "années de disette" connues par le passé. "Les questions posées par les écologistes sont désormais sur le devant de la scène", s'est-il félicité, ne cachant pas les ambitions du parti pour les municipales de mars 2020: "nous postulons à conduire le changement".

Appelant les membres d'EELV à la "modestie", le secrétaire national a aussi mis en garde contre la "tyrannie des egos". "Aucune personnalité ne peut réussir seule. Aucune étoile filante ne peut se prévaloir de notre succès commun pour écrire une trajectoire solitaire", a-t-il dit, dans ce qui a sonné comme un avertissement à Yannick Jadot, parfois accusé d'avoir "pris le melon" après le succès des européennes.

- Un Congrès en novembre -

Rédacteur du discours, Stéphane Pocrain a démenti cette interprétation auprès de la presse. M. Jadot a clos l'incident au cours d'une conférence de presse en appelant les siens à éviter les "petites phrases, les querelles" qui ont pu jadis contribuer à "transformer l'or en plomb" à EELV.

La perspective du Congrès d'EELV, en novembre, contribue à agiter les esprits. Trois "contributions" ont pour l'instant été déposées: l'une émanant de la direction d'EELV, l'autre de l'ancienne députée Eva Sas et la troisième de militants de la région Occitanie emmenés par la vice-présidente de la région Agnès Langevine.

Si David Cormand pousse la candidature du duo Julien Bayou-Sandra Regol, les deux porte-parole du parti, M. Jadot se reconnaîtrait davantage dans celle éventuelle d'Eva Sas, selon des cadres d'EELV.

"Je veux une direction rééquilibrée et élargie. Je ne veux pas de tête coupée, ni la mienne, ni celle des autres. La question c'est d'élargir la direction à des personnalités", a expliqué M. Jadot, citant Mmes Sas et Langevine.

- "Heureux de travailler" avec Ruffin -

Au cours de ce point presse, M. Jadot a aussi réaffirmé son souhait de voir EELV grandir et se dépasser dans un grand mouvement ouvert à tous ceux qui placent l'écologie au centre. 

Le projet écologique devra se construire avec "ceux qui agissent, les salariés, les entreprises, les associations", mais aussi "les militants, les élus politiques qui voudront participer (...) même s'ils ne sont pas encartés à EELV".

"(François) Ruffin vient demain (vendredi) et on a prévu de se voir. Je serai très heureux de travailler avec François Ruffin", a affirmé M. Jadot, se réjouissant aussi de la présence de Raphaël Glucksmann (Place publique), Guillaume Balas (Générations), ou Ingrid Levavasseur (une des figures des "gilets jaunes").

Preuve de cette ouverture, M. Jadot a accueilli avec M. Cormand jeudi soir une délégation de la France insoumise, composée notamment de son coordinateur Adrien Quatennens, du député européen Manuel Bompard et de la conseillère de Paris Danielle Simonnet.

"On nous invite à boire tranquillement sous le soleil de Toulouse pour discuter", a commenté le député du Nord dont le parti fait lui aussi sa rentrée à Toulouse.

Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, actuellement au Mexique, avait souligné mercredi sur Facebook cette "concomitance", notant qu'elle promettait de "bons dialogues" aux uns et aux autres.

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