A Tokyo, Emmanuel Macron a rencontré le Premier ministre et des patrons japonais

Chargement en cours
Le président français Emmanuel Macron (C) assiste aux côtés de la Première dame des Etats-Unis Jill Biden (2e à D) au match des Bleues en basket 3x3, qui ont perdu face aux Américaines, le 24 juillet 2021 à Tokyo
Le président français Emmanuel Macron (C) assiste aux côtés de la Première dame des Etats-Unis Jill Biden (2e à D) au match des Bleues en basket 3x3, qui ont perdu face aux Américaines, le 24 juillet 2021 à Tokyo
1/4
© AFP, Andrej ISAKOVIC

publié le samedi 24 juillet 2021 à 14h18

Le président français Emmanuel Macron, en visite à Tokyo pour l'ouverture des Jeux olympiques, s'est entretenu samedi avec le Premier ministre japonais Yoshihide Suga et a rencontré plusieurs grands patrons nippons, tout en prenant le temps d'assister à des épreuves sportives.

MM. Macron et Suga, qui se sont entretenus dans le palais néo-baroque d'Akasaka, au coeur de Tokyo, n'ont pas fait de commentaire à la presse.

Mais sur Twitter, M. Macron a vanté le partenariat "d'exception" unissant la France et le Japon. "A l'heure où nous luttons tous contre le virus, où nous engageons la relance, ce partenariat est une force".

Dans une déclaration conjointe publiée après leur entrevue, les deux chefs d'Etat ont rappelé l'importance de réaliser un "Indo-Pacifique libre et ouvert, inclusif et fondé sur l'Etat de droit", alors que les ambitions de la Chine dans la région suscitent des inquiétudes tant du côté japonais que parmi les puissances occidentales.

Ils ont aussi évoqué la coopération franco-japonaise dans la lutte contre le réchauffement climatique, qui n'est "pas une contrainte mais un vecteur d'innovation et de création d'emplois", et ont souhaité "renforcer" les liens économiques et commerciaux entre les deux pays.

M. Macron a d'ailleurs rencontré dans l'après-midi plusieurs dirigeants de grandes entreprises japonaises, dont le directeur général de Nissan Makoto Uchida, comme pour tourner définitivement la page de l'affaire Carlos Ghosn, qui avait tendu les relations bilatérales en 2018-2019.

Il a aussi vu en tête-à-tête le fondateur et PDG de Rakuten, Hiroshi Mikitani, puis le PDG du géant automobile Toyota, Akio Toyoda. Il n'y a pas eu d'annonces d'investissements mais des discussions sur des projets encore "confidentiels", a précisé l'Elysée.

- "Situation tragique" de M. Fichot -

Avec M. Suga, M. Macron a aussi abordé le cas épineux de Vincent Fichot, un Français de 39 ans résidant au Japon qui mène depuis deux semaines une grève de la faim près du stade olympique à Tokyo pour réclamer le retour de ses deux enfants, enlevés par leur mère japonaise en 2018.

Le principe de la garde partagée en cas de séparation n'existant pas légalement au Japon, les enlèvements parentaux y sont courants et tolérés par les autorités locales, en dépit d'engagements internationaux sur les droits de l'enfant ratifiés par Tokyo.

M. Suga "a consenti à nos demandes, c'est-à-dire de reprendre le dialogue dès que possible (sur le cas de M. Fichot, NDLR) afin de trouver des résultats dans cette situation extrêmement tragique", a assuré samedi l'Elysée.

"Nous allons continuer à pousser, avec les Européens", pour que de telles situations "de détresse, qui sont particulièrement éprouvantes, pénibles pour nos ressortissants, puissent trouver une issue heureuse", a encore assuré la présidence. "C'est vraiment une priorité".

Des conseillers de M. Macron avaient rendu visite jeudi à M. Fichot, tandis que le président lui s'est abstenu, alors qu'il l'avait rencontré en 2019 à Tokyo et lui avait déjà promis d'agir à l'époque.

Jusqu'au bout, M. Fichot et son entourage avaient espéré une visite en personne de M. Macron, qui s'est envolé peu avant 21H00 heure japonaise (12H00 GMT) vers la Polynésie française.

"C'est une grosse déception", a déclaré à l'AFP François Roussel, un conseiller des Français de l'étranger élu pour le Japon. "La façon de mobiliser l'opinion publique japonaise sur ce sujet était que (M. Macron) vienne le voir aujourd'hui".

"Il n'y a rien de nouveau" du côté de l'Elysée, a aussi déploré M. Fichot, dont la santé commence à décliner mais qui veut toujours continuer son action: "Je reste".

Côté JO, dans la matinée, le président a assisté au combat de la judokate française Shirine Boukli (catégorie des -48 kg), battue d'entrée par la Serbe Milica Nikolic, puis dans la soirée au match des Bleues en basket 3x3, qui ont perdu face aux Américaines, en présence également de la Première dame des Etats-Unis Jill Biden.

Vendredi, M. Macron avait déclaré que le Japon avait "eu raison de maintenir" les JO en dépit de la pandémie et que la France était "à pied d'oeuvre" pour préparer Paris-2024.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.