À Sète, les Marcheurs de la première heure sont désenchantés

À Sète, les Marcheurs de la première heure sont désenchantés
Sete (34) le 2 Juin 2018 : Christophe Castaner , secretaire d'état charge des relations avec le parlement et délegue General de La Republique en Marche, a répondu aux questions des adhérents et sympathisants.
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leparisien.fr, publié le dimanche 03 juin 2018 à 11h18

Samedi dans les rues de Sète (Hérault), les marcheurs de la première heure ont fait part de leur désenchantement au patron de La République en marche, Christophe Castaner.

Le mécontentement l'a cueilli à froid, dès le matin. Avant son stand-up, Christophe Castaner a échangé pendant une heure et demie à huis clos, avec des cheminots CGT opposés à la réforme de la SNCF, des représentants du personnel hospitalier et un collectif d'aide aux réfugiés exaspérés par la dernière sortie de Gérard Collomb, accusé de « bégayer du Pasqua » : le ministre de l'Intérieur avait évoqué le « benchmarking » des migrants qui compareraient les avantages respectifs des pays européens avant de choisir leur destination.

Dominique, qui patiente dehors, aimerait dire à Castaner « que Macron a oublié que des gens de gauche ont voté pour lui. » Le retraité ne prend finalement pas le micro, contrairement à un adhérent LREM qui se lève : « On a l'impression qu'il y a un désenchantement des Marcheurs de la première heure. On déçoit M. Borloo, on déçoit M. Hulot... » A cette « déception », Castaner oppose le doublement des adhésions au (gratuites et en ligne !) au parti depuis la présidentielle, assure que la ligne n'a pas bougé.

Un exécutif à cloche-pied avançant sur la jambe droite

Une ancienne auxiliaire de vie, qui touche 1 000 € de retraite, se lance à son tour au nom des « invisibles ». Un jour, vous aurez besoin des invisibles pour qu'ils s'occupent de vos parents », lui assène-t-elle. « Vous n'êtes pas invisible », répond Castaner, rappelant que le minimum vieillesse a augmenté de 30 €, ce qui est « passé inaperçu ».

Dans les rues de Sète revient le refrain d'un exécutif à cloche-pied avançant sur la jambe droite. « Les gens ne me parlent pas de cela, ils ne raisonnent pas en termes de jambe gauche ou droite », rétorque Castaner. Lui assure entendre plus souvent « Ne lâchez rien. »

Un peu plus loin, deux militants du Rassemblement national (ex FN) et des Républicains, sirotent ensemble un verre de rosé en terrasse. Se lever pour participer au débat ? Ils n'y songent pas. Mais si cela avait été le cas, voilà ce que Jean-François, pro Wauquiez, aurait pu cyniquement dire : « Je suis bien content qu'ils soient là. Qu'ils fassent le boulot et passent les réformes, puis qu'ils nous laissent la place ! »

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